Jean Luc Palacio : Somport, le tunnel de l'absurde
Jean Luc Palacio est aspois et l'auteur du livre (2000) « Somport, le tunnel de l’absurde »
Jean Luc Palacio présente le combat de Jean Lassalle pour son chef d’œuvre de béton et de goudron qui n’a pas fini de massacrer la vallée d'Aspe, les poumons et les oreilles de ses habitants.
Les fossoyeurs de la vallée d'Aspe
Le terme peut sembler, de prime abord, excessif. Mais je n’en vois pas d’autre qui soit plus approprié. […] Il est toujours difficile (et dangereux) de cataloguer ses semblables. Parce que personne n’est tout blanc ou tout noir. Mais il n’en demeure pas moins vrai que, avec le tunnel et le projet routier, certains acteurs ont effectivement eu un comportement de fossoyeurs.
Il y a ceux qui tirent les ficelles, et il y a ceux qui sont manipulés. Les premiers sont sans visages. Nous ne les connaissons que par des dossiers, des cartes, où ils ont écrit, dessiné, décidé des routes qui vont de là à là, mais qui ont le défaut de passer par chez nous. Les seconds n’ont, me semble-t-il, que l’excuse de leur ignorance et de leurs œillères.
Mais que dire de ceux qui, sans faire partie de l’un ou l’autre groupe, ont participé allégrement à ce projet ? C’est dans cette catégorie que je classe les politiques de la région, MM Jean Lassalle, Labarrère, Bayrou, Inchauspé et consorts. Eux n’ont aucune excuse : ils savaient !
Dans la mise à mort de la vallée d’Aspe, le rôle des politiques, quelle que soit leur nature, est déterminant. […]
Jean Lassalle, le régional de l’étape
[…] Il est certain que le conseiller général du canton d’Accous (et donc de la vallée d’Aspe) a beaucoup fait pour que ce projet soit admis par les aspois. Du moins au début. Aujourd’hui, avec ce qu’ils savent, ils ne lui accordent pas leur confiance aussi facilement. Sur ce sujet précis tout au moins, ça, j’en suis sûr.
C’est une réaction qui est assez logique. Les choix d’un notable sont toujours crédités d’un a priori favorable, qui ne doit rien à la conviction concluant une réflexion, malheureusement. Au pays de Descartes, l’irrationnel a toujours droit de cité. Et puis, c’est bien connu, il est toujours plus facile de dire « oui ! ».
Ce que je lui reproche particulièrement? Jean Lassalle a vendu la vallée d’Aspe. Nous étions au début de l’année 1994, et plusieurs annonces sonnantes et trébuchantes venaient de tomber [l’auteur cite entre autre les 500 à 600 millions de francs du 1% paysage, les 12 premiers millions pour l’IPHB etc …]. Le pétrole de la vallée d’Aspe, c’était du goudron ! Et beaucoup ont cru, en ce début d’année 1994, en toucher les royalties. […]
Le député-maire béarnais e a une autre corde à son arc : Jean Lassalle est un excellent chef de commando. Mais attention, lui, c’est au moins un Général : Il reste au chaud quand ses hommes vont se coltiner le sale boulot.
Des conseillers communaux à la chasse à l'écolo
Pendant des années, Jean Lassalle et d’autres (dont André Fabre, ancien maire de Laruns en vallée d’Ossau) ont lancé l’anathème contre les écologistes, et plus particulièrement contre Eric Pétetin.
Dans la nuit de la Toussaint 1993, c’est un véritable commando qui ira mettre le feu au wagon qui sert de gîte à la Goutte d’Eau, association présidée par Eric Pétetin et basée à l’ancienne gare de Cette-Eygun-Lescun.
Ils étaient trop nombreux, vingt trois exactement, pour qu’on ne finisse pas par savoir qui avait fait le coup. Arrêtés, incarcérés en préventive pour l’un d’entre eux, ils étaient élus locaux (la moitié du conseil municipal de Laruns), artisans, etc …
Inutile de vous dire que cela a créé un sacré choc en Vallée d’Aspe, et même en Béarn. Eric ne s’était pas fait que des amis en s’opposant au projet Pau-Somport. […] Mais personne en vallée d’Aspe ne pouvait légitimer l’usage d’une telle violence contre lui... sauf Jean Lassalle ! Faut dire qu’il avait chauffé les esprits (fragiles ?) à blanc. Casser de l’écologiste comme il l’a fait, pendant des mois, à longueur de colonnes, d’articles de presse, de conférences, d’entretiens, de réunions [cela ne vous rappelle pas l'IPHB?], cela revenait à mettre le briquet dans la main de l’incendiaire. Ni plus, ni moins.
Il n’est certes pas coupable aux yeux de la loi mais il est responsable de cet acte de vandalisme, moralement. Les lampistes ont payé cher leur geste, pénalement et socialement. Ce n’est que justice. Mais celui qui les a manipulé n’a pas encore été jugé. […]
Pourquoi Jean Lassalle fait-il tout cela ? A vrai dire, peu m’importe. Ce que je retiens, c’est qu’il le fait, et qu’il n’a pas hésité à sacrifier sa vallée et ses propres amis pour cela. C’est bien suffisant pour ne pas apprécier sa politique. Il a montré, tout au long de ces années, que la vie en vallée d’Aspe n’était pas sa préoccupation majeure, quoi qu’il en dise. il n’était pas le seul, loin s’en faut, mais comme élu de la vallée d’Aspe, quelle écrasante responsabilité vis à vis de ses administrés ! »
Jean Luc Palacio, aspois
[IPHB.org]: Déclaration de Jean Lassalle devant le Palais de justice de Pau lors du procès des membres de ce commando : « Ce sont tous des hommes d’honneur » ! CQFD …
Le jour de la mort de Cannelle : on prend les mêmes...
Il est inquiétant de constater que parmi les chasseurs qui ont abattu Cannelle, la dernière ourse femelle de souche pyrénéenne, trois sur six avaient déjà fait partie de ce sinistre commando incendiaire de 1993.
Autre coïncidence : l’incendie a été mis au wagon le jour de la Toussaint, le flingage de Cannelle a eu lieu le même jour, 1er novembre 2004, 11 ans plus tard exactement. Morbide anniversaire décidément.
J’espère que ce n’est vraiment qu’une coïncidence. Evidemment, là encore, Jean Lassalle a essayé de minimiser l’acte du chasseur comme il le fit pour l’attaque de 1993; comme il le fit aussi en 1994 pour le braconnage de l’ours Claude. Toujours cette constance chez lui, de l’ours au tunnel et du tunnel à l’ours: des hommes d'horreur !




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