24 avril 2009

L'IPHB surveillée de près

OLORON-STE-MARIE. Le préfet a saisi la Chambre régionale des comptes pour viser le budget de l'institution

Quelle ne fut pas la surprise des responsables de l'Institution patrimoniale du haut Béarn, à commencer par le député Jean Lassalle, son président ! Invités lundi dernier en préfecture pour évoquer le financement de l'institution, ils ont surtout été informés qu'ils n'étaient plus maîtres de leur budget. Le préfet Philippe Rey a en effet saisi la Chambre régionale des comptes afin qu'elle examine les dépenses et les recettes et puisse envisager objectivement l'année à venir.

« Des délais non respectés »

Le budget primitif devait être adopté avant le 31 mars 2009. D'après la préfecture, « les délais réglementaires n'ont pas été respectés ; l'IPHB n'a pas transmis son budget aux services de la préfecture. C'est pourquoi le préfet a saisi la Chambre régionale des comptes en date du 21 avril, sur proposition du sous-préfet d'Oloron ». La Chambre régionale des comptes a un mois pour rendre son avis.

L'IPHB tablait sur un budget 2009 de 650 000 euros, qui comprend le fonctionnement de l'institution, mais aussi le financement des actions. Pour l'instant, seul le Conseil général s'est engagé à la soutenir, mais l'État et la Région (qui a versé 147 000 euros en 2008) font attendre leur réponse.

Les opérations de muletage et d'héliportage ne devraient pas être menacées pour autant car elles entrent dans le plan de sauvegarde de l'économie de montagne, financées par l'État, même si ce plan aura besoin d'être adapté à l'économie pastorale béarnaise.

Source : Sud-Ouest.  Auteur : O. F.

A part Jean Lassalle et Didier Hervé, qui est surpris?

16 février 2009

Jean Lassalle encerclé, feu a volonté

HAUT BÉARN - Jean Lassalle, président de l'Institution patrimoniale fait face à plusieurs tentatives de déstabilisation.

«Je n'ai rien demandé. Mais cela fait plaisir », déclarait le député maire de Lourdios Modem, Jean Lassalle, à propos de sa décoration par la fille adoptive de Jacques Chirac. Anh Dao Traxel lui a en effet remis en effet la médaille du dévouement civil et militaire. Un moment de répit.

Ces derniers temps, il se concentre surtout pour éviter les coups de poignard dans le dos. Sans oublier de jeter quelques peaux de bananes sous les pas de ses adversaires.

Son conflit avec Alain Rousset ? Le président socialiste de la région Aquitaine active ses relais en Aspe et dans le piémont, pour ne jamais manquer l'occasion d'un croche-pied. Quant aux porte-flingues de l'UMP, ils veulent toujours sa peau.

Ses relations aigres douces avec l'État et ses services ne manquent pas non plus de sel. La dernière illustration vient d'être donnée dans la perspective du bouclage de la réforme du Parc national. Jeudi, il a condamné «ces fonctionnaires qui se comportent comme des Pieds Nickelés».

Des brèches

Mais c'est au sein de l'Institution patrimoniale du haut Béarn (IPHB) qu'il préside que de nouvelles brèches se sont ouvertes. On se rappelle qu'Etsaut, Cette-Eygun ou Accous n'ont pas voulu, l'année dernière, augmenter leur participation au budget. On se souvient aussi du conflit larvé avec ses amis de la Gaule aspoise à propos d'un financement lié à l'entretien du gave. Mais nul n'a su que Jean Lassalle s'est fait déborder sur sa gauche en décembre dernier. Dans les vallées, les mauvaises langues ne se gênent pas pour faire circuler l'information.

Un certain nombre d'élus ont créé un incident au moment de se pencher sur le vote de l'augmentation des revenus de trois salariés de l'IPHB. La discussion s'est terminée par une prise de bec sur le coût de l'emploi du directeur, Didier Hervé, le fidèle lieutenant. À l'évidence, Jean Lassalle n'avait pas anticipé le coup. Il avait été contraint de clore les débats en repoussant la question à un prochain ordre du jour.

Agitation

Le contre-feu est venu à l'occasion des voeux à l'Institution. Une première qui a eu lieu... début février. Il en avait profité pour faire passer quelques messages indirects aux ennemis de l'intérieur.

Une simple anecdote ? Pas sûr. L'IPHB prépare, en effet, son budget 2009 dans des conditions difficiles. La Région ne lui fera pas de cadeaux. Et l'État ?

«L'Institution n'est pas consolidée. Le débat sur ses missions n'a toujours pas été organisé. A ce sujet, nous devions avoir une réunion avec le préfet qui n'a pas eu lieu», répond François Maïtia, le vice-président du Conseil régional. «L'IPHB est un outil utile pour le pastoralisme où la forêt et la Région joue son rôle. Pour d'autres sujets, il existe des communes, des intercommunalités ou le pays d'Oloron. La tentation de Jean Lassalle est forte d'occuper tous les terrains sur tous les champs possibles. Son agitation est superflue. C'est aussi le cas au sein du conseil d'administration du Parc national où il est isolé ».

Donneurs de leçons

«L'Institution et son président sont la cible de plusieurs batteries de canons», reconnaît Jean Lassalle. «Certains expriment les voix du territoire. D'autres, celles d'en haut. Mais enfin, qui se remue le cul autant que moi ici ?» Il égrène ses résultats : «Toyal, les usines d'Arudy et l'Abri montagnard sont toujours là. Menacée, la station d'Artouste est encore ouverte. La déviation de Bedous sera inaugurée en juin. Nous avons créé 400 emplois en Barétous et sauvé les emplois de la clinique d'Oloron. Partout en France, je suis reconnu comme le défenseur de l'expression des campagnes. Je crois que beaucoup de donneurs de leçons ne traversent pas en ce moment des périodes plus heureuses.» Faut-il y voir un clin d'oeil à l'actualité sociale du bassin de Lacq ?

Patrice Sanchez

06 décembre 2008

Jean Lassalle ou l'indignation hémiplégique

par Laurent Caudine

Je viens de lire le bouquin de Jean Lassalle : La parole donnée. Au départ, avant de lire ce livre, je pensais que j'appellerai mon papier «La parole bidonnée». J'ai changé d'avis, car il est certain que ce type est totalement sincère. Il n'est pas dans l'erreur partout (...) mais juste dans ce qui est le plus important en ce début de millénaire, c'est-à-dire notre rapport avec la planète, avec la nature et par conséquent notre rapport avec notre propre espèce...

Et c'est un effrayant gâchis de temps et d'énergie pour un homme de cette trempe et pour nous-même. Car il faut le dire, cet homme est une force qui va, comme dirait Victor-Hugo. C'est incontestable... Sauf qu'elle ne sait pas où elle va. Et le mur n'est pas loin.

S'il fallait tirer le portrait de Jean Lassalle. On pourrait dire qu'il se situe entre Besancenot et Jean Saint Josse, ballotté entre un conservatisme de gauche et un autre de droite, pour se figer finalement dans un centre aussi mou qu'un corps sans colonne vertébrale. Il fait le maximum qu'il peut, emporté par une énergie vitale et une conviction qu'on ne peut pas lui enlever et qui fait toute sa force. Mais une conviction qui se trompe, c'est une voiture sans freins, et là encore, le mur n'est pas loin.

En politique, il fait de son mieux pour être un député efficace. Pour les affaires courantes, celles qui font consensus aussi bien à gauche, à droite qu'au centre, il est probablement parfait. Mais comme il évite consciencieusement les clivages, il finit par devenir insignifiant. À force de vouloir se mouler à son peuple d'électeur et sa communauté basco-bearnaise, à force d'être en totale empathie avec cette majorité qui l'a élu, le député de la 4e circonscription n'a aucun recul sur rien, comme un peintre devant sa toile. Aucun recul, cela signifie devenir le réceptacle et le retransmetteur un peu vide des messages que lui envoie le peuple, sans réussir à faire de synthèses et de traductions, ce qui devrait être le rôle même d'un homme politique. Alors la toile devient celle d'un peintre du dimanche, un peu fade, avec des perspectives hasardeuses et des contrastes douteux... Et le mur, encore le mur !

Sa grève de la faim est un exemple frappant. Il a peur de perdre la face devant son peuple d'électeurs (il n'y a que lui qui compte) et il met son corps en jeu dans un mouvement désespéré pour se sauver. Il a peur d'être séparé de son corps trop dissous dans celui de ses électeurs et de sa communauté basco-bearnaise alors, il le met à la diète. Il ne veut pas perdre la face, il panique. Il fait son mauvais Jésus, en aveugle et jette toutes ses cartes sur la table, mais son jeu ne vaut pas grand-chose. Rien à voir avec Gandhi et Lanza del Vasto qui, non content de tout savoir de la grève de la faim, savaient tout de la lutte pour la vie, pour la nature et pour le monde. Lassalle met son corps en vrille pour se sauver, lui, et sauver sa conscience perdue dans la confusion de cette société qu'il ne comprend pas. Gandhi et Lanza del Vasto n'étaient pas désespérés, mais habités par l'espoir. Ils comprenaient tout, ils ne faisaient pas la grève de la faim pour eux et pour quelques poignées d'électeurs mais pour le monde entier, pour la nature et pour toute la vie en général.

Jean Lassalle veut démontrer dans son livre qu'il est un député différent. Pourtant ce manque de recul sur lui-même l'aveugle et il ne se rend même plus compte qu'il devient finalement le pire des conservateurs et la pire des marionnettes. Par exemple ce passage ahurissant, à la page 259 où, après sa grève de la faim, il explique son déchirement, à l'assemblée nationale, lorsque le PS dépose une motion de censure à propos du CPE. L'UDF allait voter le texte mais Jean Lassalle était «déchiré», selon ses propres termes, entre François Bayrou et Jacques Chirac qui avait tenu un «rôle positif» dans sa grève de la faim. Lassalle parle alors du choix cornélien auquel il est confronté, écartelé entre sa «fidélité» à Bayrou et ce qu'il devait à Chirac qui venait de «lui sauver la vie». Lassalle votera finalement la motion de censure en invoquant cette sacro-sainte «fidélité», sans aucune explication ni aucun argument sur le problème politique de fond. Le voilà le député libre ? En tous les cas, il est bien à l'image du parti de Bayrou dont la stratégie est de toujours se situer, ou ne pas se situer, c'est selon, tenu par cet équilibre faux, obsessionnel et tactique dictant l'ensemble de la méthode qui fait marcher la forme sur la tête du fond.

Le plus grave n'est pas là, malheureusement et le plus grave, je l'ai dit tout à l'heure, est que Jean Lassalle met toute son énergie dans un combat d'arrière-garde dans lequel il s'empale avec la bonhomie et gaieté. Le combat contre la nature et contre les écologistes. Et là, c'est l'aveuglement et la contradiction permanente qui dictent son attitude. Par exemple page 12, Lassalle explique d'où vient sa haine de l'ours. Il se rappelle ses nuits dans les estives, quand il était enfant, enfermé dans la cabane, l'ours dehors qui attaquait les brebis et son père de crier : «Il faut tous les tuer»... Quelques chapitres plus loin, page 67, il raconte le jour où il fallut enterrer une cinquantaine de brebis victimes d'une épidémie foudroyante. Et là, son père de dire : «ça ne fait rien, j'en élèverai d'autres...». La nature, d'un côté, celle dont on ne peut rien, la maladie qui décime les brebis et qui ne porte pas de visage, sur laquelle on ne peut pas reporter une haine qui serait vaine. Et puis l'ours, le gros poilu, la gueule du diable, le mal léché, décalcifié par mille ans d'opprobre, libre, trop libre, imprévisible, mais qui se prend si facilement au piège des fusils et de la strychnine. D'un côté, ça ne fait rien... De l'autre il faut tuer.

En vérité, ce que raconte Lassalle, c'est la fracture de l'homme et de la nature. Jean Lassalle est le symbole de cette fracture, comme l'ours est le symbole de la nature sauvage encore libre. Jean Lassalle fait partie de ces derniers hommes, en Europe, qui vivaient encore dans et avec la nature tout en cherchant en même temps à s'y émanciper et à la combattre. Alors que partout ailleurs, on l'a liquidée, exploitée et détruite, en haut de la vallée d'Aspe, on vivait encore dans et avec une nature sauvage, en compagnie d'un des derniers grands et beaux mammifères d'Europe. Jean Lassalle est dans cet élan, au bout de cette course de destruction de ces hommes qui depuis 2000 ans croient qu'il faut combattre la nature pour tirer son épingle du jeu. Il est perché là-haut, tout en haut, comme sur une vague, fier et péremptoire, au bout de cet élan qui nous condamne tous à crever la bouche ouverte. Mais la vague est un tsunami et Jean Lassalle le dernier porte-parole d'un monde qui court vers l'autodestruction.

Laurent Caudine
dans Le journal du Pays basque

Lire aussi : La parole donnée de Jean Lassalle

02 décembre 2008

Alain Rousset répond à Jean Lassalle

Extrait de la Réponse d'Alain Rousset, président du Conseil régional d'Aquitaine, à un courrier de Jean Lassalle, député des Pyrénées-Atlantiques.

"Monsieur le Député-Maire,

J'ai hésité à répondre à votre courrier en date du 18 octobre tant vous êtes coutumier de ce genre de lettre ouverte où la polémique le dispute à la désinformation. Et vous venez récemment d'ajouter l'insulte.

Mais devant la réaction de nombreuses personnes (élus de toutes sensibilités, responsables professionnels, associatifs...) indignées par la façon dont vous traitez, à travers moi, l'institution régionale, j'ai tenu à répondre à vos assertions.

Dans l'exercice de mes responsabilités régionales (comme dans l'ensemble de mes responsabilités publiques), j'ai toujours privilégié l'action à la gesticulation, la construction à la plainte. De même, j'ai toujours tenu à assumer pleinement les charges que l'on m'avait confiées, sans jamais baisser les bras et sans rechercher à me défausser sur quiconque.

En pointant, un par un, les dossiers problématiques du Haut-Béarn et en désignant la Région comme la cause de tous vos maux, vous établissez, d'une certaine façon, le constat de votre impuissance et de votre absence d'anticipation.

Vous appartenez, depuis des années, à la majorité du Conseil général des Pyrénées-Atlantiques, vous avez assumé régulièrement des responsabilités exécutives. Vous épauliez la majorité gouvernementale en tant que député, entre 2002 et 2007...

Pour l'ensemble des questions évoquées dans votre courrier, vous avez manifestement eu recours à la caricature, à l'approximation et aux contres-vérités et vous cherchez à chaque fois des boucs émissaires à votre impuissance. Pour ma part, je livrerai des éléments de réponse basés sur la rigueur et l'exactitude des faits.

Construction puis arrêt du Pau Canfranc - Construction du tunnel du Somport puis arrêt des travaux sur la RN134 - Liaison autoroutière Pau Oloron entièrement financée et prête au démarrage des travaux en 94, complètement abandonnée en 2008... : Ces assertions sont une belle preuve de désinformation sur ces dossiers.

La réouverture de Pau-Canfranc dépend de Réseau Ferré de France (RFF) et l'Etat, son tuteur, s'est constamment opposé à cette réouverture, malgré l'inscription à notre initiative de 52M€ dans le Contrat de Plan Etat-Région 2000-2006. Qu'avez vous fait de votre coté au titre du Conseil général et vis à vis de l'Etat dont c'était la responsabilité ?

Je précise que la Région n'a pas de compétence dans le domaine des infrastructures ferroviaires. Néanmoins, elle finance la régénération de la ligne entre Pau et Oloron, menacée de fermeture pour un montant de 13,1 M€ sur un total de 35 M€. Ensuite, elle a réussi à convaincre RFF en 2008, d'assurer la maîtrise d'ouvrage des travaux de réouverture entre Oloron et Bedous, d'un montant de 30 M€, dont elle assumera seule le financement. RFF s'est engagé à démarrer les travaux depuis Pau jusqu'à Bedous à compter de début 2010. De plus, le groupe de travail quadri-partite sur la réouverture de la ligne ferroviaire Pau-Canfranc (composé du secrétaire d'Etat aux Transports espagnol, des présidents d'Aragon et d'Aquitaine et du représentant de l'Etat français) s'est déjà réuni deux fois et doit le faire prochainement à Madrid. Le dossier avance malgré les réticences de l'Etat français et grâce à l'Aquitaine qui le défend, parfois seule avec ses alliés espagnols.

Enfin, je vous invite à vous renseigner : il n'y a aucun problème quant à la compatibilité de la ligne actuelle avec le site de Messier à Bidos. Mieux, la SNCF vient de me confirmer que l'on pourra faire circuler un TGV sur la ligne Pau-Canfranc à vitesse réduite !

Les travaux du tunnel du Somport ont été engagés bien avant 1998, au sein du Contrat de Plan 1994-1998, par l'ancien exécutif. Je n'ai fait que solder des engagements antérieurs et je me suis abstenu d'assister à l'inauguration du tunnel pour protester contre la non réalisation simultanée des aménagements de la RN 134.

La RN134, je le rappelle, demeure de la seule compétence de l'Etat même après le transfert des routes aux conseils généraux. Ce sont plus de 54M€ qui ont été inscrits au contrat de plan Etat Région 2000-2006 pour l'amélioration de cet itinéraire. Aujourd'hui, malgré les avances financières de la Région consenties à l'Etat (jusqu'à +17M€ !), ce chantier n'était engagé, fin 2007 qu'à hauteur de 87,2% et payé qu'à 56%. Vous devriez mobiliser votre énergie pour que l'Etat accélère les délégations de crédits, sinon l'exécution de ce CPER 2000-2006 risque de se terminer en 2011 ou 2012. La Région tiendra ses engagements : nous inscrirons au Budget Primitif 2009 3,257 M€, avec notamment le paiement de la déviation de Bedous.

Et comme vous semblez l'oublier ou l'ignorer, les nouveaux Contrats de Projets 2007-2013 ne comprennent plus d'infrastructures routières, depuis le décroisement des compétences, issu du transfert de la majorité du réseau routier aux départements.

Quant à la liaison autoroutière Pau-Oloron, vous allez vite en besogne en déclarant qu'elle était entièrement financée et prête au démarrage des travaux en 1994, puis complètement abandonnée en 2008 (par le Gouvernement actuel). En 1994, ce n'était que le fuseau de 1000 m qui était approuvé et il n'y avait à ce stade aucun plan de financement. Puis, la décision de principe sur la bande de 300 m a été remise en cause par décision ministérielle du 13 janvier 1998 après des études complémentaires. En avril 2002, cette liaison autoroutière a été inscrite aux Schémas de Services Collectifs Transports, approuvé par la Région Aquitaine, puis il y a eu concertation publique en 2004 et les études d'avant projet sommaire ont été terminées fin 2007. J'ai donc défendu cette desserte et je la défendrai encore.

Mais là encore, vous devriez concentrer vos efforts en direction de l'Etat, seul maître d'ouvrage. Dans un communiqué en date du 4 juin 2008, M. Borloo a annoncé l'abandon unilatéral du projet pour le limiter «à une stricte sécurisation la RN134, plus au Sud dans la vallée d'Aspe et vers le tunnel du Somport », eu égard aux orientations issues du Grenelle de l'environnement...

Nous voudrions « discréditer et détruire » l'Institution Patrimoniale du Haut-Béarn (IPHB)

Vos accusations tombent mal. En 2008, notre collectivité va contribuer pour la somme de 106 000 € au colmatage des brèches financières de cet établissement public. Certes, nous avons réfléchi longuement avant de prendre cette décision car l'Etat lui-même avait suspendu tout financement pendant l'année 2007 car l'IPHB s'était éloigné de ses objectifs essentiels. Il a rétabli son concours en 2008 mais simplement à titre exploratoire, en se gardant bien de s'engager de façon pluri-annuelle. L'expérience récente invite, il est vrai, à la plus grande prudence.

La mort de Cannelle, dernière ourse de souche locale, a symbolisé manifestement un échec en matière de protection de la biodiversité. L'IPHB repose dés lors essentiellement sur le développement des activités pastorales et forestières que la Région finance sans discontinuer.

Nous constatons, malgré cela, une envolée des dépenses de fonctionnement ces dernières années : la masse salariale est passée de 220 000 € à 300 000 € entre 2000 et 2007 (+36,4%) et sa part dans les charges de fonctionnement de 42% à 56% (Source : Syndicat Mixte du Haut Béarn).

Nous continuerons à accompagner les bergers, les sylviculteurs, les communes dans leur volonté de développer l'économie pastorale et forestière mais nous sommes tous soumis à une utilisation rigoureuse de l'argent public.

L'IPHB participe au développement du pastoralisme mais le pastoralisme ne se résume pas à l'IPHB. Ce serait ignorer l'action des bergers, des communes, des forestiers, de l'ensemble des acteurs de l'économie de montagne. La Région, par exemple, investit pour la construction et la réhabilitation des cabanes, finance la réalisation de pistes et divers aménagements pastoraux, participe aux opérations de sortie du bois par câble...

Nous aurions refusé d'adosser au Contrat de Projets une convention avec l'IPHB quand dans le même temps nous l'aurions fait à l'égard du Pays Basque...

Il n'est pas raisonnable de placer sur un même plan votre établissement dont les missions spécialisées sont exercées sur 21 communes avec un territoire de projet comme le Pays Basque dont la vocation est de construire un programme de développement local à l'échelle de 158 communes et 290 000 habitants -dossier porté au demeurant par votre collègue Jean-Jacques Lasserre. Ensuite, si le CPER n'a pas intégré une convention avec l'IPHB, c'est que l'Etat n'a pas voulu de Volet Territorial. Pas plus qu'il n'a souhaité contractualiser avec les pays et les agglomérations d'Aquitaine, à l'exception du Pays Basque. Etes-vous intervenu à l'Assemblée Nationale pour dénoncer cela ?

Nous nous «acharnerions à établir le fait que l'IPHB aurait extorqué la Gaule Aspoise»

Je n'ai pas à m'immiscer dans les relations difficiles que vous entretenez avec la Gaule Aspoise. Mais quand son Président nous tient informé, en tant que partenaire financier de la politique de l'eau, de ses difficultés, qu'y a-t-il à redire ? Nous nous bornons à constater, en l'espèce, que plusieurs maires de la Vallée ont émis le souhait de recourir à une autre procédure pour exécuter la maîtrise d'ouvrage des travaux d'aménagement des berges du Gave.

(...)

A propos du Parc National des Pyrénées

Le Conseil régional soutient la zone périphérique du Parc National des Pyrénées, future zone optimale d'adhésion - et non d'extension obligatoire comme vous le laissez entendre - depuis des années, et particulièrement depuis qu'il a obtenu dans le cadre du Contrat de Plan et désormais dans la Convention interrégionale de Massif, des engagements de l'Etat. De nombreuses communes bénéficient de ce programme spécifique chaque année.

Le nouveau décret concernant le Parc National, dans lequel est prévu un renforcement du poids des élus locaux avec une présidence obligatoirement assumée par l'un d'entre eux, maintient ce soutien à partir d'une Charte qui sera démocratiquement débattue avant son adoption.

Le Conseil régional voit dans cette procédure une évolution positive et il participera activement à son élaboration.

A propos de ma présence à l'Assemblée Nationale lors des débats sur le Grenelle de l'environnement

Permettez-moi de préciser que l'Association des Régions de France avait décidé de confier la défense de ses amendements à un seul orateur, en l'occurrence Jean-Jacques Queyranne, député et Président du Conseil régional de Rhône-Alpes, dans un souci d'efficacité et de clarté.

Mais, je m'étonne de ne pas voir mentionné, dans votre courrier, le soutien de la Région à de nombreux dossiers de la Vallée : la construction des cabanes, les aménagements pastoraux, l'héliportage, la sortie du bois par câble, le soutien aux éleveurs transhumants pour la reconnaissance et la valorisation du fromage fermier d'estive, le festival « Eldorando », la réhabilitation du refuge de Labérouat, l'organisation du concert de Nadau à Lescun, la construction et la modernisation des gîtes, la réhabilitation du fort du Pourtalet, le centre multiservices de Bedous, l'emploi et les entreprises, les infrastructures....

Vous pourriez aussi souligner les investissements réalisés dans nos lycées : 11,2 M€ depuis 1998 au Lycée du « IV septembre 1870 », 9,7 M€ depuis 1998 au Lycée Jules Supervielle, 1,1 M€ depuis 1998 au Lycée Guynemer, sans compter notre récente décision d'intervenir sur la ferme du Lycée agricole de Soeix.

Sur une question aussi cruciale que le développement économique et l'emploi, la Région consacre une part toujours plus significative de son budget en faveur du maintien, du développement et de l'émergence d'activités industrielles. En 2008, ce sont 140 M€ qui sont injectés dans l'économie régionale, ce qui nous place en pourcentage du budget au premier rang des régions françaises. Cette politique concerne tous les territoires d'Aquitaine, à commencer par le Haut-Béarn, avec par exemple :

  • MESSIER DOWTY à Bidos : le Conseil Régional apporte un financement de plus 1,9 M€ à la société pour lui permettre de conduire son projet « Bidos 2008-2010 ». Au-delà de la réindustrialisation de ce site, Messier Dowty investit massivement pour la recherche et l'innovation avec une stratégie de co-développement avec les PME locales. Cet ancrage territorial d'un leader mondial de l'aéronautique illustre parfaitement la stratégie que la Région mène depuis de nombreuses années.
  • Les PME de tous secteurs, de par leur réactivité, font preuve d'initiative pour des projets de développement qui nécessitent conseil, ingénierie et financement. La Région a mis en oeuvre des outils qui les aident à aller de l'avant. Des entreprises comme PHILIPPE MORISSE ou BEATEX, à Oloron-Sainte-Marie, ont des parcours exemplaires et la Région est à leur côté. Le secteur automobile, fortement présent sur votre territoire, bénéficie également d'un soutien significatif de la part de la Région, à l'image de l'entreprise FEDERAL MOGUL pour laquelle une aide à l'investissement immobilier de près de 100 000 € a été accordée pour son extension, assortie de la création d'une vingtaine d'emplois.
  • TOYAL à Bedous : la Région accompagne chaque entrepreneur dans ses projets, même lorsque ceux-ci sont parfois forcés dans leurs orientations stratégiques. Vous avez exigé une décision politique nationale pour le site de la société TOYAL à Accous à laquelle l'entreprise a répondu, moyennant des efforts industriels et financiers auxquels prend part la Région. Une aide de plus de 350 000 € a été attribuée à la Communauté de Communes de la Vallée d'Aspe pour la réalisation de la plate-forme. Mais l'entremise de votre action retarde les investissements immatériels sur le sol français du groupe TOYAL en faveur de nouvelles activités européennes innovantes, ce qui peut affaiblir à terme le maintien de cette entreprise en région, alors que l'offre régionale en matière de recherche et développement est en parfaite adéquation avec leurs besoins. Pour votre information, la Région finance, notamment, des bourses de recherche sur les nouveaux produits de TOYAL.

Par ailleurs, je n'oublie pas qu'il a fallu, il y a quelques années, que j'intervienne personnellement auprès du Conseil général des Pyrénées-Atlantiques pour qu'il sécurise la route au droit de l'usine TOYAL.

Je vous invite, à l'avenir, à privilégier des modalités d'action plus constructives et à appuyer vos affirmations sur un minimum de vérifications et d'appréciations objectives.

Le Haut-Béarn est un territoire attachant et porteur d'espoir. Il a besoin d'innovation, de modernisation et de créativité plus que de polémiques stériles et la Région Aquitaine sera toujours présente pour avancer dans ce sens.

Je vous prie de croire, Monsieur le Député-Maire, à l'assurance de mes sentiments les meilleurs."

Alain Rousset,
Président du Conseil régional d'Aquitaine

Source : Décolorons

Photos d'ours Vincent Munier

  • Photos de Vincent Munier.
    "Il faut sauver les espèces animales en danger non pas parce que nous en avons besoin, mais parce que nous avons besoin de développer les qualités humaines nécessaires pour les sauver, et ce seront celles-là dont nous aurons besoin pour nous sauver nous mêmes. " Robert Hainard.

Le tombeau de l'ours Papillon

  • Textes et Photos d'Antoine Peillon
    Sur un sentier du Haut Bearn, la trace de l'ours Papillon, parfaitement moulée dans la terre détrempée...

Photos de Patous

  • Photos de Claire de Dreuille.
    La protection des troupeaux avec le chien patou ou Montagne des Pyrénées. http://chien-berger.fr.st/

Photos de Labrit

  • Labrit_david_mignot_06
    Photos de David Mignot
    Le Labrit ou Berger des Pyrénées, un chien de travail, un aide et l'ami du berger.

Pastoralisme I

  • Photos de Pascal Marguet.
    Pascal Marguet est naturaliste et photographe, chargé d’études et de projets dans le domaine de l’environnement Il a réalisé des expositions sur le thème du pastoralisme dans les Hautes-Pyrénées. Samuel Marguet, le berger est son frère.

Pastoralisme II

  • Photos de Jean-Paul Falguières
    Pastoralisme et estives dans les Pyrénées. Un passionné de photos et de nature pyrénéenne.

Tonte des brebis

  • Jeanpaul_falguieres_tonte_018
    Photos de Jean Paul Falguières
    Joseph Paroix et Anne Rolland partagent la même passion pour les bêtes et la montagne. C'est pour elles qu'ils ont bâti ensemble, sur le plateau du Bénou, leur bergerie. C'est là, entre vallée d'Ossau et vallée d'Aspe, qu'ils passent l'hiver. L'été venu, ils rejoignent leur cayolar, à une heure de marche du magnifique lac de Bious-Artigues.

Fromages d'Estives

  • Photos de Jean-Paul Falguières
    Août 2001 à la cabane de Cap de Pount, sur le plateau de Bious, où Anne Roland fabrique le fromage après la traite des brebis.
Powered by TypePad
Membre depuis 04/2004