30 septembre 2006

Toyal pollue le gave

L'usine de pâte d'aluminium a pollué le cours d'eau qui longe ses installations à trois reprises. Un argument de plus pour ne pas s'étendre à Accous. Trois fois ces derniers mois, l'usine Toyal a pollué le gave avec des solvants servant à l'élaboration de la pâte d'aluminium

Au cours du dernier semestre, l'usine Toyal, sise à Accous, a pollué à trois reprises le gave qui borde son site de production. Le premier incident remonte au mois de mars -en pleine grève de la faim du député Jean Lassalle à l'Assemblée Nationale- suite à une erreur humaine, des solvants se sont déversés dans le cours d'eau. La seconde pollution est signalée au mois de juillet, ce qui a entraîné une contamination des eaux souterraines. La dernière en date remonte au 5 septembre. Le joint d'une canalisation enjambant le cours d'eau, a cédé, laissant échapper entre 300 et 500 litres de white spirit, le solvant utilisé dans l'élaboration de la pâte d'aluminium.

Prescriptions

Dans les trois cas, la procédure d'alerte liée au statut SEVESO de l'unité de production a été respectée. L'entreprise a alerté la Direction Régionale de l'Industrie, de la Recherche et de l'environnement (DRIRE), qui une fois son diagnostic établi dresse une liste prescriptions pour remédier à ce type d'incidents.

Le plus sérieux est celui découvert au mois de juillet. Une pollution examinée ce jeudi par la commission départementale de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques. Un projet d'arrêté préfectoral a été rédigé. Celui-ci dresse une série d'obligations à la charge de l'entreprise : diagnostic des sols, dispositions pour la résorption de la pollution, prélèvements obligatoires ainsi qu'un diagnostic approfondi du site. L'arrêté devrait être pris début octobre. La direction de Toyal n'a pas l'intention de contester les prescriptions dans la période de quinze jours qui lui est accordée. La pollution du 5 septembre quant à elle a fait l'objet d'un arrêté préfectoral d'urgence pour le nettoyage du site.

Double impact

Yves Boulaigue, responsable de la DRIRE 64, souligne un « taux d'incident anormal sur l'année 2006 ». Il préconise une modernisation totale du site. Quant à l'impact environnemental, il n'est pas négligeable. Malgré cela, les prélèvements récemment effectués sur les gaves de Lescun et d' Aspe n'ont pas révélé de dangers particuliers pour l'homme.

Hervé Lelièvre, président de Toyal Europe, explique : « Quinze ans que ça n'était pas arrivé et là les incidents se multiplient. L'année dernière nous avons débloqué 2,5 millions d'euros pour la protection de l'environnement. Cela prouve que le risque industriel quoiqu'on fasse sera toujours présent. Il faut s'efforcer de le minimiser. » Soit un argument supplémentaire pour l'entreprise japonaise de ne pas s'étendre en vallée d'Aspe en brandissant la carte environnementale.

Ces pollutions à répétition pourraient bien venir semer davantage le trouble dans le projet d'extension. Celui-ci en est toujours aux phases d'études techniques. L'Etat devait faire une proposition financière à Toyal à la fin juillet. « Nous, sommes fin septembre et j'attends toujours », affirme Hervé Lelièvre.

Source : Xavier Sota (Sud-Ouest)

Les écologistes se penchent sur le dossier

Plutôt discrète jusqu'ici, la société d'étude pour la protection et l'aménagement de la nature dans le sud ouest (SEPANSO), s'immisce dans l'épineux dossier Toyal. Elle siégeait jeudi à la commission départementale environnement et des risques sanitaires qui étudiaient le projet d'arrêt préfectoral sur la pollution déclarée par l'entreprise au mois de juillet. Au cours cette séance, ils ont découvert la pollution accidentelle intervenue en début de mois sur le gave de Lescun. Conséquence la SEPANSO entend porter l'affaire devant la justice.

Plainte

Elle adressera prochainement une plainte pour pollution des milieux aquatiques au procureur de la République avec copie au Préfet. Par ailleurs, elle se positionne désormais dans le débat sur l'extension du site d'Accous. « Le risque de pollution est avéré, l'accroissement de l'activité ne fera que multiplier les risques. Il existe un véritable risque en terme environnemental du fait de la proximité avec le parc naturel. La SEPANSO se postionne donc contre l'agrandissement sur site », explique Jacques Mahourat le président. Outre les problématiques d'ordre environnementales, il entend pointer la gabegie de moyens débloqués pour un scénario aspois. « Nous sommes également soucieux des deniers publics. L'implantation à Lacq coûterait 95 000 euros, alors que l'extension à Accous serait comprise entre 4,5 et 6 millions d'euros. » Ou quand les protecteurs de l'environnement font cause commune avec les industriels. En effet Jacques Mahourat estime: « Toyal est plus responsable que nos élus. Ils ont identifié les risques , nos élus non. Que se passera-il en cas d'accident de plus grande ampleur? »

Source : Sud-Ouest

03 septembre 2006

Conclu sous la pression médiatique, le dossier TOYAL est au point mort

Après la grève de la faim du député UDF, un compromis avait été trouvé avec le groupe Toyo, la maison mère. Mais sur le terrain, rien n'est simple.

Un imbroglio

Signé le 14 avril dernier entre Nicolas Sarkozy et Masao Imasu, le président du groupe japonais Toyo, le protocole d'accord qui devait avaliser le maintien de l'usine Toyal Europe en vallée d'Aspe a, depuis, tourné au casse-tête. Conclu sous la pression médiatique entourant la grève de la faim du député UDF, l'accord privilégiait une solution locale pour l'extension de Toyal à Accous. Aujourd'hui, personne ne sait comment mettre en oeuvre l'opération et encore moins combien elle va coûter.

À l'époque pourtant, casquette de ministre de l'Aménagement du territoire sur la tête, Nicolas Sarkozy avait pris en main le dossier. «Il fallait accélérer la recherche d'une sortie de crise alors que l'état de santé de Jean Lassalle se dégradait», précise aujourd'hui un membre de son cabinet. Sans parler du message envoyé aux investisseurs internationaux...

Assistance technique et financièrePression est donc mise sur le groupe japonais. Le leader mondial de la poudre et de la pâte d'aluminium est sommé de donner des garanties sur son maintien en vallée d'Aspe. De leur côté, les pouvoirs publics s'engagent à assister techniquement et surtout financièrement le projet.

Mais sur le terrain, l'opération est loin d'être simple. L'installation à Accous d'une deuxième ligne de production a un coût bien supérieur au projet initial à Lacq où le terrain, vendu par Total, était déjà viabilisé. D'abord, le site d'Accous nécessite d'importants travaux d'aménagements. Une opération chiffrée entre 4 et ... 40 millions d'euros, selon qu'il faut déplacer ou non la route départementale. Ensuite, désormais classée Seveso II - une particularité qui avait échappé, en avril, aux collectivités -, l'usine doit se conformer à des normes de sécurité draconiennes et coûteuses.

Soutenu principalement par le président de la Région Aquitaine, Alain Rousset (PS), le président de Toyal Europe, estime que c'est aux pouvoirs publics de régler l'intégralité du surcoût, «comme le prévoit le protocole d'accord». Une position combattue par Jean Lassalle qui estime que l'usine aurait «de toute façon» dû se mettre aux normes. Entre les deux, la communauté de communes de la vallée d'Aspe a du mal à trancher.

Avant même de décider qui doit payer quoi, l'affaire est donc à présent au point mort. Une rencontre organisée le 25 juillet entre Masao Imasu, le PDG de la maison mère japonaise, et Claude Guéant, le chef de cabinet du ministre de l'Intérieur, devait faire avancer les choses. Alors que Toyal s'est engagé à faire preuve d'un peu plus de bonne volonté, les pouvoirs publics ont, eux, promis, d'accélérer les procédures administratives. Un expert indépendant a été nommé. Il a entamé début août son travail d'évaluation des travaux pour un chiffrage précis en octobre.

Source: le figaro

François Bayrou: Une dernière goutte avant la fin de la politique partisane?

La buvette avait déjà publié la fable «Le singe, la fourmi, le héron et le rat» que Jules, l'auteur du blog «Diner's room» avait  écrit sur Jean Lassale. Lui aussi reste attentif aux aventures de la Castafiore du Béarn. C'est ainsi qu'il vient de publier une note intéressante sur les propos de François Bayrou lors de l'Université d'été de l'UDF.

Par jules
jeudi 31 août 2006

Jean Lassalle s'était distingué au printemps par une conception fort originale de la politique. Le député avait en effet initié une "grêve de la faim" pour contrarier le déplacement d'un site de production à quelques kilomètres de sa circonscription. Ne renaclant devant aucune outrance, le bon béarnais n'avait pas hésité à qualifier l'épisode de "délocalisation". Ceci pour situer le personnage.

L'affaire de jour m'avait échappée, en juin puis en août : le député Lassalle, mécontent de la réintroduction des ours en Pyrénnées, s'en était ému en ces termes, tels que rapportés par la République des Pyrénnées des 3 et 4 juin :

"C'est un viol et cela devrait être puni comme tel. Mme Olin doit démissionner, ses méthodes sont indignes du rôle qui devrait être le sien. On est en face d'une attitude vichyste, qui rappelle le régime policier de la pire période."

Il est vain d'épiloguer sur les propos du représentant de la Nation. Ils cousinent remarquablement cette conception de la politique évoquée plus haut. C'est la réaction de François Bayrou, entendu ce jour sur France Inter, qui suscite mes interrogations. Prié de commenter, le président de l'UDF[1] commença ainsi[2]:

"C'est un homme que j'estime."

Puis il a reconnu du bout des lèvres qu'il s'agissait de "propos excessifs", avant de se lancer dans un discours fort pédagogique sur la nécessité de protection conjointe des bergers et des ours, tout en soulignant combien les ministres parisiens sont loin de la province du Bearn[3]. Devant les questions insistantes du journaliste - du genre de celles qu'on ne pose pas à Nicolas Sarkozy, François Bayrou ajouta :

"C'est un député du peuple au plein sens du terme. C'est à dire qu'il est engagé, passionné, et qu'il essaye de faire entendre une voix différente"

Que François Bayrou estime Jean Lassalle, c'est une chose. Il y en aurait sans doute d'autres[4] pour juger qu'il deshonore la fonction par ses propos. Et l'on pourrait dire encore que l'engagement et la passion ne garantissent nullement la qualité d'un représentant[5].

Mais il me chagrine davantage, de renifler, dans la tenacité avec laquelle François Bayrou a esquivé cette question, une pratique bien traditionnelle des politiques français : une faveur faite à ses amis contre les exigences d'un débat démocratique probe[6].

Cela me semble un peu maigre pour qui fonde sa campagne sur un appel de moralisation des pratiques démocratiques.

Notes

[1] Formation à laquelle appartient Jean Lassalle.

[2] Cette réponse peut être écoutée via un fichier real "Radiocom c'est vous", aux alentours de la dixième minute.

[3] Mais après vérification, il semble bien que la capitale constitue bien le lieu de la mission constitutionnelle des ministres, comme d'ailleurs des députés.

[4] Moi, pour en citer.

[5] Disons enfin que la République ne reconnaît pas de députés du peuple, mais de la Nation, ce qui est autre chose.

[6] Pour ne rien dire de l'incapacité à reconnaître ses erreurs, ou celles de son camp.

28 août 2006

Toyal: Clochemerle en vallée d'Aspe

de Jean-Marc PHILIBERT

Le député Jean Lassalle a poursuivi une grève de la faim pour protester contre la «délocalisation» de l'usine Toyal Europe d'Accous. Plus de quatre mois après avoir obtenu le maintien du site, retour sur un dossier qui s'enlise.

Dans la vallée d'Aspe

Dans la vallée, on raconte que même les ours parlent encore de sa grève de la faim. Des rives du gave d'Aspe jusqu'aux estives d'Ichère, personne n'a oublié le jeûne de Jean Lassalle. Il y a ceux qui louent son courage et ceux qui en disent pis que pendre. Une chose est sûre, le bouillant député des Pyrénées-Atlantiques a réussi l'exploit de faire parler et débattre toute une vallée de taiseux.

Il faut dire que les Aspois en sont encore tout pantois. Un élu de la République en grève de la faim sur une banquette de l'Assemblée nationale pour sauver sa vallée ! Entre Oloron-Sainte-Marie et Urdos, l'histoire du maire de Lourdios-Ichère fait déjà partie du folklore. Mais elle n'y a pas encore trouvé son épilogue. Et les 2 800 habitants de la vallée d'Aspe se demandent aujourd'hui comment ils vont sortir de l'imbroglio dans lequel l'action hautement médiatique de leur député les a plongés.

Lorsqu'il entame sa grève de la faim, le 7 mars, Jean Lassalle a déjà mûrement réfléchi son coup. «J'ai commencé à y penser fin 2002 quand j'ai été persuadé que l'usine allait déménager, explique l'élu croisé en pleine tournée des communes de sa circonscription. J'en faisais des cauchemars. Je me suis même vu en rêve me faire cracher dessus à l'Assemblée nationale parce que je n'avais rien fait. »

La cible: l'usine TOYAL

Sa cible: l'usine Toyal Europe d'Accous, un site industriel d'un autre temps coincé entre deux montagnes au fond de la vallée d'Aspe, à quelques kilomètres du tunnel du Somport. Un endroit difficilement accessible qu'on atteint après des kilomètres de virages en lacet, quand la neige n'en interdit pas l'accès l'hiver. Ici, 150 personnes viennent pourtant fabriquer de la poudre et de la pâte d'aluminium utilisées dans les peintures industrielles.

Dernier employeur industriel de la valléeSi Jean Lassalle reste 39 jours sans se nourrir, c'est parce que Toyal va «délocaliser» ses installations à Lacq, à 65 kilomètres de là. Inacceptable pour le député qui ne veut pas voir le «dernier employeur industriel de la vallée» déserter, condamnant ses habitants à l'exode rural. Au terme de son action, et devant l'ampleur prise par l'événement, Jean Lassalle obtient le maintien de Toyal. L'entreprise se développera sur place plutôt qu'à Lacq ; les pouvoirs publics paieront le surcoût.

Le Don Quichotte aspois

Or, depuis la victoire du Don Quichotte aspois, bien malin qui pourra dire aujourd'hui comment mettre en oeuvre les termes de l'accord signé à Paris entre le président japonais du groupe Toyo, la maison mère de Toyal, et Nicolas Sarkozy.

À Accous, sur le bord de la route menant au cirque de Lescun, Hervé Lelièvre ne décolère pas. «Voilà, c'est là», montre le président de Toyal Europe en désignant la parcelle proposée par la communauté de communes de la vallée pour agrandir son site, juste au-dessus de son usine. «C'est ici que je suis censé réaliser l'extension de mes installations, sur un terrain qui n'est pas viable et pas assez grand. Sans parler du coût des travaux qui sera énorme alors que la plate-forme de Lacq était prévue pour cela. Je ne sais pas comment on va faire.»

Devant le pré légèrement pentu censé accueillir l'agrandissement de l'usine, Hervé Lelièvre n'a pas de mots assez durs à l'encontre du député Lassalle qui «ferait mieux de s'occuper de ses ours». «Je n'ai jamais dit que Toyal allait quitter la vallée. Le plan c'était d'ouvrir un deuxième site à Lacq et de faire d'Accous une usine verte. Mais Lassalle a voulu faire de l'esbroufe à des fins électoralistes, explique le président furieux. Résultat, il va falloir déboiser la colline pour éviter les risques de propagation d'incendie et déplacer la route qui passerait désormais en plein milieu de l'usine. C'est irresponsable».

Une usine de type Seveso II

Pour ne rien arranger, depuis la fin 2005, l'usine, qui utilise d'énormes quantités de white-spirit, a vu son statut changer. Désormais classé comme un produit dangereux pour l'environnement, ce solvant utilisé à grande échelle a relégué les installations d'Accous dans la catégorie des usines dites Seveso II, soumises à des normes de sécurité drastiques. Autrement dit, un baril de poudre à quelques kilomètres du parc national des Pyrénées.

Mais Jean Lassalle n'en démord pas: «Hervé Lelièvre aurait déjà dû mettre son usine aux normes Seveso II. C'est possible à faire dans la vallée. Ce qu'il essaye de faire, c'est une délocalisation larvée. Qu'on ne me dise pas, une fois installé à Lacq, qu'il n'aurait pas lâché le site historique devenu une coquille vide.»

Un sentiment partagé par certains salariés de Toyal. «On savait qu'il fallait s'agrandir, explique François Salanouve, le secrétaire du comité d'entreprise et délégué du personnel. Mais quand on nous a annoncé le développement à Lacq, cela signifiait qu'il fallait doubler toutes les lignes de production et la logistique. À mon avis, ce n'était pas jouable. On ne l'a pas cru

«De toute façon, j'ai besoin de cinq hectares et ce terrain n'en fait que deux, répond Hervé Lelièvre. Et puis tout était prévu à Lacq en terme de traitement des déchets et de sécurité. Maintenant, il va falloir que l'État et les collectivités locales prennent en charge le surcoût. Cette histoire peut remettre en question la pérennité de l'entreprise

Aujourd'hui, personne ne sait qui doit payer quoi, ni quand. «C'est vrai, c'est long à mettre en place», confirme René Rose, le président de la communauté de communes et maire de Borce, un peu plus haut dans la vallée. «Nous avons la maîtrise d'ouvrage du projet, mais je ne sais même pas par où commencer, explique ce spécialiste de l'ours. Il y a bien un autre terrain que nous avons proposé à M. Lelièvre, mais il est classé et seul le ministère de l'Environnement peut le déclasser

Mais Paris ne semble pas pressé d'intervenir sur ce dossier. Jean Lassalle a dénoncé «les méthodes vichystes» de Nelly Ollin quand le ministre de l'Environnement a voulu réintroduire des ours slovènes en vallée d'Aspe. Aux dernières nouvelles, les plantigrades étaient d'ailleurs les seuls à ne pas avoir été consultés sur le dossier.

Source: Le figaro

24 juillet 2006

Toyal, le député Lassalle et l'Etat : dossier «inextricable»

Trois mois après le jeûne de l'élu, le projet d'agrandissement est au point mort.

Hervé Lelièvre est très en colère. Trois mois après le protocole d'accord signé entre le député UDF Jean Lassalle ­ au terme de sa grève de la faim ­ et Nicolas Sarkozy, le président de l'usine Toyal ne sait toujours pas où il va. Si bien que cette drôle d'histoire politico-industrielle pourrait bien rebondir dans les prochaines semaines.

Reprenons. Ici, dans le village d'Accous, au coeur de l'une de plus belles vallées des Pyrénées, les 145 salariés de la filiale française d'un petit groupe japonais produisent depuis quatre-vingts ans des poudres et pâtes d'aluminium utilisées dans l'industrie comme revêtement anticorrosion. Il y a huit ans, un projet d'extension, sur ce site de cinq hectares où coule le Gave, a été mis en route. Tout en conservant le site d'Accous, l'entreprise décide d'aller sur le site de Lacq, mieux équipé pour accueillir un investissement polluant et disponible grâce au désengagement progressif de Total. C'est à 65 km, au pied des montagnes. Les travaux devaient débuter fin juin. Et la mise en production au mois de mars 2007.

Terrain en pente

Mais il y a eu Jean Lassalle, ses 39 jours de jeûne sur un banc de l'Assemblée et ses soupçons de «délocalisation rampante». Alors que le député était hospitalisé, le PDG japonais de Toyal et le ministre de l'Intérieur trouvaient une sortie de crise : l'extension ne se ferait plus à Lacq mais à Accous. Mais une demi-douzaine de réunions plus tard, les choses se compliquent. L'aménagement du site coincé entre les montagnes, en amont de l'usine actuelle, est un vrai casse-tête. Et les investissements publics nécessaires s'annoncent colossaux. Toyal doit aujourd'hui conjuguer deux impératifs :

  • sa mise aux normes Seveso 2, et
  • le développement de ses capacités de production.

Pour cela, Hervé Lelièvre misait sur un emplacement de 4 à 5 hectares. On ne lui en propose actuellement que 2,5. «Insuffisant», dit-il. De plus, le terrain est en pente. Dix mètres de dénivelé. Il faudra donc au préalable tout terrasser, déplacer 45 000 m3 de terre, pour créer une plate-forme.

Lassalle affaire

Une étude commandée par Toyal estime le surcoût entre 4 et 6 millions d'euros. Hors de question, pour l'industriel de payer la facture. C'est donc l'Etat et les collectivités territoriales qui sont appelés à mettre la main à la poche. «Moi, ce que j'attends, c'est qu'on me prépare le terrain comme à Lacq. Je ne veux rien dépenser de plus , prévient Hervé Lelièvre. Ils se débrouillent comme ils veulent, je veux les mêmes avantages, ni plus ni moins.» Difficile de rivaliser face un site industriel organisé avec pompiers, médecins, gardiennage, maintenance, sous-traitants, laboratoire, et surtout le chemin de fer et l'autoroute en bordure. Pire, la configuration du lieu implique, selon Toyal, la création d'une nouvelle route. Il faudrait la creuser dans la montagne, afin de garantir la sécurité des salariés amenés à faire des va-et-vient sur l'actuelle voirie, et celle des touristes, détournés vers le nouvel axe. Car en augmentant de 50 % sa production annuelle, Toyal triple aussi l'utilisation de white spirit, produit dangereux, hautement inflammable.

Lassalle dépense

«La situation est devenue complètement folle», glisse Patrick Aubouin, le directeur administratif et financier de l'usine. Selon la réglementation européenne, les fonds publics ne peuvent servir à financer une entreprise privée au-delà de 17 % de l'investissement total. «Il y a une impasse , poursuit le dirigeant, je ne sais pas quel montage financier ils vont nous sortir.» D'autant que Toyal réclame encore le remboursement de 200 000 euros dépensés en consultation d'architecte pour le site abandonné. Prudentes, les collectivités avancent à reculons, inquiètes de savoir où elles s'embarquent.

Opposé depuis le début à la campagne de Jean Lassalle, Georges Labazée, chef de file des socialistes au conseil général et vice-président du conseil régional, refuse de porter le chapeau : «Nous n'irons pas au-delà de nos compétences. La nouvelle activité pouvait très bien se dérouler à Lacq. C'est un site équipé, qui a déjà coûté de l'argent. On dira donc au fur et à mesure quel est le cadre de notre intervention. » Même chez les défenseurs d'une extension site d'Accous, personne ne s'engage sur les chiffres. «Il y a un prix à payer pour garder les emplois ici», estime René Rose, président de la communauté de communes. Même Jean Lassalle élude la question des financements, objectant qu' «il est un peu tôt pour répondre» et qu'«on ne peut pas résoudre toutes les questions en trois mois».

«Hypothèse fausse»

Pour le moment, c'est sur la participation de l'Etat que pèse la plus grande inconnue. Et il y a peu de chance que les autres partenaires bougent avant d'avoir des garanties de ce côté-là. Une nouvelle étude doit être réalisée afin de contrebalancer celle de Toyal, jugée «trop chère», par les pro-Lassalle. Pour le député UDF, «on ne peut pas résoudre une équation avec une hypothèse fausse [l'étude de Toyal, ndlr] qui met en avant tous les inconvénients possibles et imaginables» . Mais à force d'attendre, Hervé Lelièvre voit rouge. Il espérait les premières réponses pour cette semaine, mais n'a obtenu que la garantie de finir le terrassement en juillet 2007.

Lassalle de réunion

Aujourd'hui, le PDG du groupe arrive d'Osaka pour une rencontre avec ses collaborateurs et le préfet. «Nous avons sauvé la face du gouvernement en signant un protocole sans queue ni tête, et on se retrouve dans une situation complètement inextricable», déplore Lelièvre . Le groupe n'exclut pas un passage en force pour un retour à Lacq, voire un départ vers la Roumanie. Jean Lassalle sait que se joue désormais la dernière manche. «On va voir si un accord entre un ministre d'Etat et un groupe industriel a une valeur. Ou si c'était juste pour écrire une jolie fin face à un député mal en point

Réactions

Cyrille: volte-face
C'est étrange de voir à quel point les medias font et défont l'opinion à leur gré. J'aurais bien aimé lire des articles expliquant le pour et le contre de l'action de Jean Lassalle AU MOMENT de sa grève de la fin. Au lieu de cela, tous les medias ont emboité le pas au député en ne s'intéressant qu'à l'acte (la grève de la faim) et jamais à la situation sur le terrain. Moralité, Jean Lassalle a eu le soutien d'à peu près toute la population française, et c'est seulement maintenant qu'on s'interroge...

kikuyyu: et les ecolos ?
C'est tout de même étrange, on installe une usinne catégorie soveso 2 dans les pyrénées, on s'apprête àmassacrer tout un site pour construire une usine, une route, etc. en dépit du bon sens, bref, on met en péril une vallée entière parce qu'un député proche du gouvernement fait une grêve de la faim, et on n'entend pas un seul écolo, protecteur de la nature s'élever et brailler contre cette ineptie et les dangers qu'elle représente... incroyable ! Pour réclamer des pistes cyclables n'importe où dans Paris sous de fallacieux prétextes écologiques, ils sont des dizaines, mais pour sauvegarder un des plus beau sites naturels de France, pas une voix ne s'élève. Chapeau bas messieurs les politiques et défenseurs de la nature !!

Gilles: Pitoyable
Ce pauvre Jean Lassalle fait tout à l'envers depuis le début. Il est tout simplement incompétent. Triste.

Nicolas B: libéral?
Un député libéral... qui demande à l'Etat d'être autoritaire devant une entreprise et de financer des activités économiques privés...!!! Ces libéraux deviennent tous collectivistes à l'épreuve des faits Lundi

Eric Touati: Halte aux gasillages de l'argent public et à la démagogie !
Cette affaire est bien caractéristique des abus de droits de notre REPUBLIQUE.Parce qu'un député nous a fait son cirque, on serait sur le point de mettre des millions d'€ par la fenêtre. Je suis bien placé pour savoir que si l' ETAT commençait par faire respecter les lois fondamentales on ne serait pas dans ce genre de mascarade. Ici en Mayenne, j'ai vu 2 Préfêts depuis 2002 ne pas faire respecter nombre de législation, et personne ne bouge encore.

Romeo: raciste et demago
le combat raciste (ne les croyons pas ce sont des Japonais), demago (sus a la mondialisation) de Jean Lassalle trouve son epilogue absurde : le site retournera a Lacq ou filera en Roumanie. Chapeau l'artiste!

Gaifier: Fin de partie ?
Avec sa grêve de la faim, lassalle va simplement obtenir le départ de toute l'activité en Roumanie!

X: Quand on ne réflechit pas
Il ne suffit pas de faire la grève de la faim pour qu'un projet ridicule devienne un bon projet. Monsieur lasalle a voulu faire croire qu'il existait indépendamment de la réalité; il a eu tort et il faudra bien que la réalité reprenne le dessus.

Guillaume: Lassalle, le pinpin des Béarnais
Lassalle brade la sécurité et la santé des Pyrénéens par ses coups de geule, Fire une seveso 2 sur ce site c'est aller à l'encontre de toute logique, le surcout est énorme et met en péril les habitants de la vallée

Angel: continuité
Après le passage en force pour imposer le tunnel du Somport en 1992, les mêmes gens veulent imposer un agrandissement d'un site ultra-polluant dans la même vallée. Et la plupart des ouvriers qui travaillent là vivent à Oloron qui est plus près du site de Lacq que l'usine d'Accous ! Fierté rurale mal placée ! Opportunisme sarkozien sans fin ! How green was my valley !

Source : Libération

Grizzlyman[ NDLB: Somport, IPHB, Toyal, Jean Lassalle a des cailloux dans ses chaussures, il ne sait plus courir...

Attention Monsieur Lassalle, les valises que vous trimballez commencent à peser lourd, vous êtes entrain de vous faire rattraper et vous allez vous faire bouffer par les scandales.

On dirait que tout le monde participe aux grandes manoeuvres. ] Besoin de vacances? La Slovénie, quel belle nature reposante et préservée.

29 juin 2006

Toyal: la vie est un long gave tranquille

Le maintien de l'entreprise sur son site d'Aspe semblait acquis après la grève de la faim du député Lassalle et l'accord avec le groupe industriel japonais. Mais d'autres plans s'échafaudent

Lassalle n'a pas encore gagné

En vallée d'Aspe, le sort de l'entreprise Toyal n'est toujours pas réglé. Tout laissait penser, pourtant, que le dossier béarnais allait être rapidement bouclé après le succès de la grève de la faim du député UDF Jean Lassalle. Plus d'un mois après le dénouement de la crise, l'affaire se complique.

En coulisses, le sujet fait encore l'objet d'âpres discussions. Tant au regard du montant élevé des investissements publics prévisibles que de la complexité des aménagements d'un site industriel coincé entre les montagnes.

Comme prévu, le préfet des Pyrénées-Atlantiques a récemment organisé un tour de table de façon à enclencher le processus d'agrandissement de l'usine sur place, à Accous. Conclusion : la faisabilité technique du projet est acquise. Mais lors de cette rencontre à huis clos, les questions qui fâchent n'ont pas été abordées.

Dans le dos

Le directeur général de Toyal, Hervé Lelièvre, n'a toujours pas digéré la méthode de Jean Lassalle. Dans une perspective de croissance, il persiste à penser que la plate-forme d'Accous est trop étroite : « J'ai besoin de 5 hectares. Je ne sais pas où l'on va les trouver. A Lacq, la nouvelle production devait démarrer au printemps 2007. Je ne vois pas comment tenir ce calendrier maintenant. Nous sommes dans une situation extrêmement inconfortable. Je suis pressé par les investissements programmés. Alors j'envisage toutes les solutions. C'est mon travail. »

Ces dernières semaines, d'autres plans se sont discrètement échafaudés, parfois même dans le dos de l'élu aspois. Les pistes, jugées « plus rationnelles », commencent à s'ébruiter. On parle désormais d'une extension de Toyal à Cette-Eygun ou dans le vallon de Bedous, à une dizaine de kilomètres de là. Voire un peu plus loin, dans la zone d'activité du Gabarn, à Oloron-Sainte-Marie, porte d'entrée de la vallée d'Aspe détenue par l'UMP Hervé Lucbéreilh, possible candidat aux législatives face au député sortant (NDLB: Lassalle).

Une nouvelle route

Toyal doit conjuguer deux impératifs. Sa mise aux normes Seveso 2 et le développement de ses capacités de production. Le chantier de conformité implique des déplacements et des créations de bâtiments. L'entreprise a notamment besoin de nouvelles zones de stockage et d'une structure administrative. Hervé Lelièvre doit aussi implanter une autre ligne de fabrication pour se substituer à celle qui sera en travaux.

Selon lui, la première ébauche du projet ne prend pas en compte ces options. Pas plus que la création d'une unité pilote exigée par Toyal pour stabiliser ses paillettes. Pour y répondre, la communauté de communes de la vallée d'Aspe propose 15 000 mètres carrés supplémentaires. Juste à côté de l'usine. Problème : ils sont classés.

Et la procédure de déclassement s'annonce rocambolesque. Elle nécessite la signature de la ministre de l'Ecologie avec laquelle Jean Lassalle est en conflit sur la question de l'ours. (NDLB : Entre Nelly et la Castafiore, c'est la guerre ouverte. Nelly Olin est en train d'éplucher les comptes castafioresques de l'IPHB. Ce sont " Les grandes manoeuvres" pour le député mystique.)

De surcroît, la reconfiguration du site implique la création d'une nouvelle liaison routière pour conduire au village. Celle qui coupe aujourd'hui l'usine en deux avant de serpenter jusqu'au cirque de Lescun ne fait plus l'affaire pour des questions de sécurité. Les conclusions des études programmées devraient tomber à partir de la rentrée.

Facture lourde

L'articulation de tous ces paramètres fait bouillir les services de l'Etat et des collectivités locales. Le caractère dangereux des produits utilisés ou le voisinage sensible du gave et de la forêt n'arrangent rien. D'après l'étude de faisabilité, « en cas d'explosion ou d'incendie, il y aura des risques de propagation aux activités voisines ». La Direction régionale de l'industrie considère toutefois qu'il est possible de les maîtriser à condition d'y mettre les moyens. Tout est dit.

A Accous, la facture sera lourde. Plus que jamais, la situation laisse perplexe les cols blancs qui ont l'habitude de monter ce genre de financement. Qui va remplir l'enveloppe ? Soupçonné de ne pas y être allé avec le dos de la cuillère, le groupe Toyal estime le surcoût de l'opération entre 4 millions et 6 millions d'euros. Sans compter les 200 milles euros injectés par l'entreprise dans le projet avorté de Lacq, que l'Etat s'engage à compenser par un moyen ou par un autre. Un casse-tête.

« Je m'attendais à des soubresauts »

Jean Lassalle reste serein. A ses yeux, l'extension de l'usine Toyal est en bonne voie à Accous et nulle part ailleurs. « L'enjeu avec Toyal, c'est de maintenir 150 emplois dans la vallée d'Aspe. Et peut-être en créer tout autant à l'avenir. Son développement doit se réaliser sur son site actuel. Je n'ai pas fait tout cela pour revenir à la case départ. Toyal a besoin de 5 hectares. Ils sont à Accous si l'on prend également en compte le terrain EDF de 9 000 mètres carrés. »

« On sort d'une période difficile. La transition n'est pas terminée. Jusqu'au bout, le directeur de Toyal fera tout ce qu'il peut pour trouver d'autres solutions. Je m'attendais à des soubresauts. Il n'est pas non plus impossible qu'on me reparle de Lacq prochainement. Aucune alternative est envisageable », estime le député chanteur.

« Si d'autres hypothèses sont calculées, c'est pour allumer la mèche. Il reste encore à évaluer précisément le surcoût de l'extension à Accous. Pour l'instant, on ne dispose que d'un seul son de cloche : celui de Toyal. Et je ne m'inquiète pas pour les financements. Les fonds qui ont permis la réintroduction de quatre ours dans les Pyrénées n'ont jamais été votés. Et pourtant, l'argent n'a pas manqué. »

D'autres pistes sont avancées pour l'extension de l'usine Toyal. Notamment celle d'Oloron Sainte-Marie

L'extension de Toyal n'est pas un long gave tranquille

Entre Accous et Lescun, l'extension de l'usine Toyal en site propre n'est pas gagnée. L'hypothèse d'une solution alternative du côté de la zone d'activité du Gabarn, à Oloron-Sainte-Marie, est relancée. Le projet avait été déjà imaginé en 2003 sur ces mêmes terrains situés en bordure de la nationale 134. Sans lendemain. A la direction générale du fabricant de pâtes et poudres d'aluminium, Hervé Lelièvre étudie aujourd'hui encore « toutes les solutions », plus d'un mois après la grève de la faim du député Lassalle. Enclavé entre les montagnes, il ne voit toujours pas comment conjuguer la mise aux normes SEVESO et l'agrandissement de sa plate-forme. Il se déclare « très inquiet ».

Roumanie

Hervé Lucbéreilh, le maire UMP d'Oloron et vice-président du Conseil général, a discuté avec Hervé Lelièvre. L'élu local sait à quel point l'affaire est sensible, tant sur le plan politique qu'économique. Et il ne veut surtout pas passer pour l'empêcheur d'agrandir en rond sur les terres de l'UDF Jean Lassalle : « Je suis demandeur de rien. Je ne suis pas là pour piquer une entreprise aux voisins », dit-il. « En revanche, j'ai le devoir de tout essayer pour maintenir Toyal en Haut-Béarn. »
« Ne nous trompons pas », ajoute l'élu oloronais. « L'enjeu n'est pas de se battre entre territoires. Mais si Toyal préfère privilégier un jour une solution de repli en Roumanie, il vaut mieux lui proposer quelque chose dans le Piémont et conserver les emplois. C'est dans cet esprit que demeurent des possibilités à Oloron où vivent beaucoup de salariés de Toyal ».

D'autres pistes existent

Comme sur le terrain de l'ancienne gare de Cette-Eygun. Ou dans le vallon de Bedous. Elles sont moins sérieuses. Jean Lassalle n'en veut aucune. Elles remettraient en cause l'accord conclu à l'issue de sa grève de la faim et réactiveraient indirectement l'option abandonnée du bassin de Lacq.

De l'aide

« Je mise sur le comité d'accompagnement prévu dans le cadre de l'accord pour faire la part des choses », observe Jean Lassalle. « La direction régionale de l'industrie dit clairement que l'extension à Accous est possible. Tout le monde sait bien que l'on ne peut rien entreprendre dans le vallon au risque de tout faire sauter. Et la production de Toyal ne peut pas s'organiser sur deux sites différents pour des questions de coûts et de manutentions ».

A ce jour, la communauté de communes de la vallée d'Aspe propose à Toyal deux lots de 2,5 hectares et de 1,5 hectare autour de l'usine. Son président, René Rose, attend de l'aide : « Nous avons besoin de l'Etat, de la Région et du Département. D'où l'idée de former un syndicat mixte ». [ L'IPVA : Institution Patrimoniale de la Vallée d'Accous ? ] Aucun calendrier n'est encore défini. Il dépend des études dont les premières conclusions sont attendues entre septembre et octobre. Le temps presse pour tout le monde. [ NDLB : La grève de la faim du grand mystique béarnais sent le flop. ]

Sources : Sud Ouest (1), (2), (3)

25 juin 2006

Toyal : comptes et négociations

Suite à la grêve de la faim de Jean Lassalle, Toyal s'est engagé à construire ses extentions à Accous, et l'Etat à financer le surcoût éventuel de l'implantation. " Les travaux seront deux fois plus cher qu'à Lacq " prévient Patrick Aboun, l'un des dirigeants de Toyal Europe.

Jean Lassalle, habitué à dépenser l'argent de l'Etat et les diverses subventions de l'IPHB, est confiant : " Il suffit d'aplanir le terrain, de protéger l'environnement, et nous garderons la dernière usine de la vallée. Les aides de l'Etata sont là pour ça! " J'aime ce sens profond du respect de l'argent...public. Yaka, Faukon...

25 avril 2006

Le scandale Lassalle

Parce qu’il avait peur que l’entreprise Toyal, implantée dans sa circonscription d’Accous (Pyrénées-Atlantiques), délocalise ses activités ailleurs dans la région, le député UDF Jean Lassalle a fait une grève de la faim. Il a arrêté il y a quelques jours, après que l’entreprise eut annoncé qu’elle resterait à Accous, suite à une promesse de soutien financier de la part de l’État.

Tout cela est proprement scandaleux. En effet, M.Lassalle est un député UDF, c’est-à-dire que cela fait des décennies qu’il soutient toutes les politiques en faveur du libéralisme et il a donc logiquement soutenu un projet de constitution européenne qui gravait dans le marbre le concept de "marché libre et non faussé" (y compris par les grèves de la faim). Ensuite, M.Lassalle n’a arrêté sa "grève" qu’après intervention de l’État donnant des garanties financières à Toyal pour l’aider à rester dans la région. Le président de la maison mère Toyo Aluminium parle même de la promesse d’un "large soutien financier" reçue du gouvernement français.

Ainsi, M.Lassalle défend le libéralisme et la liberté des entreprises de s’implanter où elles le souhaitent et de délocaliser quand elles le veulent, mais à condition que cela ne se fasse pas dans sa circonscription !

Les citoyens français paient deux fois les agissements honteux de M.Lassalle : une fois en tant que travailleurs soumis aux lois du marché et à la menace constante d’une délocalisation pour faire pression sur les salaires, une autre fois en tant que contribuables qui vont financer le maintien de l’entreprise japonaise à Accous.

Cette affaire, malgré l’émotion suscitée par la grève de la faim d’un élu, est tout simplement scandaleuse. On aurait pu attendre de la part d’un homme politique une attitude plus responsable, surtout quand il est lui-même à l’origine des désordres socio-économiques qui favorisent ce qu’il dénonce maintenant...

lundi 24 avril 2006
par
Stéphane ARLEN 

23 avril 2006

Alain Rousset : L'action de Jean Lassalle n'a rien apporté

Affaire Toyal. Alain Rousset, président PS du Conseil régional d'Aquitaine assure que la grève de la faim du député UDF a été « triplement catastrophique »

Interview par Pierre Tilinac (Sud-Ouest)

« L'action de Lassalle n'a rien apporté »

Vous êtes de ceux qui affirment que Jean Lassalle n'a rien gagné après ses trente-huit jours de grève de la faim. Quel bilan tirez-vous de son action ?

Alain Rousset: A mon sens, elle est triplement catastrophique. Pour l'action publique industrielle. Pour l'attractivité de notre pays car elle a été fortement médiatisée. Pour la vallée elle-même et, au-delà, pour tout le Béarn.

C'est un échec ?

Alain Rousset: Oui, mais cela montre qu'il est nécessaire de créer ou de revenir à une vraie politique industrielle dans notre pays. Une politique industrielle repose sur cinq actions majeures. La recherche et le développement. La politique d'investissement. L'appui aux fonds propres. La politique de formation pour les métiers qui existent ou existeront. Enfin, une politique d'accompagnement et de services aux industries pour assurer, entre autres, l'accès au haut débit. Mais, malgré les pôles de compétitivité, la France n'a pas de politique industrielle.

Pour vous, sur place, rien n'a changé ?

Alain Rousset: L'action de Jean Lassalle a suscité de l'émotion. Mais elle n'a rien apporté. L'entreprise avait prévu de se développer dans la vallée et quelques kilomètres plus loin. Dans une certaine mesure, je préfère que le développement se fasse à Lacq plutôt qu'en Roumanie.

Pourquoi la Roumanie ?

Alain Rousset: Parce que c'est comme cela que le problème va maintenant se poser, après l'action de Jean Lassalle. Mais si l'entreprise se développe, c'est aussi parce que nous avons lancé des projets de recherche entre le Conseil régional et l'entreprise Toyal. Dans un contexte de brutalité économique, stigmatiser une entreprise qui investit et qui investit à Accous est un acte à la limite de l'absurde. C'est plutôt une entreprise que l'on devrait montrer en exemple. Si l'on veut que les entreprises restent dans ces territoires, il faut accompagner leurs investissements, la formation de leurs salariés, rendre les sites plus accessibles et aider à la recherche de nouveaux produits. Ce que, modestement, nous faisons avec la Région.

Mais il existe tout de même des territoires plus sensibles que d'autres...

Alain Rousset: La vallée est industrielle, au moins partiellement. Et je ne méconnais pas du tout le fait que la vie de la haute vallée soit liée à Toyal. Mais le problème, maintenant, c'est de savoir comment vont réagir les entreprises qui sont installées plus bas, dans la vallée, autour d'Oloron, et qui ont des projets d'investissement.

Quelle peut être l'action de la Région ?

Alain Rousset: La Région qui accompagne l'entreprise va continuer à le faire. Nous finançons une bourse pour un programme de recherche sur de nouveaux produits. Les retombées se feront sur Accous. Ce n'est pas de la gesticulation. Ce sont des choses concrètes.

Vous vous interrogez sur les réactions des entreprises. Quelles pourraient être leurs réponses ?

Alain Rousset: Cette action spectaculaire a été médiatisée. Elle l'a été au Japon. Dans beaucoup d'autres pays. Telle qu'elle a été racontée, l'histoire plaît. Mais la réalité est tout autre : cela n'a pas été un combat contre les délocalisations mais contre le développement. Quelle image cela donne-t-il de l'attractivité nationale ? Aujourd'hui, le risque est fort de voir les entreprises aller se développer ailleurs qu'en France pour ne pas être confrontées à des chantages de cette nature.

Fondamentalement, pour l'emploi cela a été une très mauvaise chose.

Source : Sud-Ouest

Interview de Patrick de Stampa, le patron des patrons de Béarn et Soule

Le patron des patrons de Béarn et Soule, Patrick de Stampa, défend le monde de l'entreprise au lendemain de la grève de la faim du député Jean Lassalle: « Il n'avait pas le droit »

Interview

Alain Babaud : Le député UDF Jean Lassalle a expliqué sa grève de la faim par la conviction que Toyal ne disait pas tout de ses projets, et se préparait à partir d'Accous pour s'installer à Lacq. Quelle conclusion en tire le représentant des patrons et élu local que vous êtes ?

Patrick de Stampa : Jean Lassalle n'a pas cru en la parole du chef d'entreprise. Le problème de fond, il est là, c'est celui du manque de confiance envers les chefs d'entreprise. Ce sont les entreprises qui font le développement économique. Et 99,9 % des chefs d'entreprise sont des gens responsables, qui prennent des risques pour se développer et créer de la richesse, parfois à leurs dépens.

Vous pensez que le député est allé trop loin ?

Patrick de Stampa : « L'entreprise s'est retrouvée devant un chantage inacceptable : la vie d'un homme contre l'abandon d'un projet de développement ! Jean Lassalle s'est trompé de bataille. Je l'aime bien, il est souvent pertinent. Mais je sais que c'est un humaniste, alors je suis déçu. La parole d'un chef d'entreprise ne vaut pas moins que les autres. Quand Jean Lassalle défend sa vallée, qu'il demande des assurances, très bien. Il est dans son rôle d'élu. Mais quand il obtient ses assurances, il doit s'arrêter.

La relation patrons-élus doit reposer sur la confiance, sinon rien n'est possible. Empêcher le développement d'une entreprise, c'est la mettre en danger. Les patrons sont demandeurs de plus de contacts, d'échanges avec les élus, pour une meilleure compréhension mutuelle. Mais un député n'a pas le droit de s'ingérer dans leur gestion, leurs choix stratégiques. C'est incompréhensible et dangereux pour l'attractivité de la France pour les capitaux étrangers ».

Vous craignez des effets négatifs pour le Béarn précisément ?

Patrick de Stampa : « Il y aura moyen d'y remédier, mais il vaut mieux que ça ne se répète pas. Et il faut qu'on ait au niveau du Béarn, des Pyrénées-Atlantiques et de l'Adour des politiques de développement cohérentes, à l'image de ce qui se fait en Espagne par exemple.

Pour nos vallées pyrénéennes, malheureusement, je n'entends parler d'aucun projet de développement. On est sur la défensive là où il faudrait être offensif. Maintenant, il ne faut pas donner plus d'importance à cet acte isolé qu'il n'en a. Je ne crois pas que la grève de la faim devienne la règle en cas de problème.

La spectre des délocalisations paraît aujourd'hui bien présent dans les esprits. Vous avez connaissance de menaces réelles ?

Patrick de Stampa : « Non, je n'ai connaissance d'aucun projet de délocalisation sur les pays de l'Adour. Une entreprise ne déménage pas du jour au lendemain. Quand elle s'installe quelque part, avec de bonnes raisons pour cela, c'est pour y rester et grandir. Bien sûr, il y a des exemples contraires, mais ils sont rares. En revanche, personne n'en parle jamais, mais il y a des chefs d'entreprise qui vont mal, qui dépriment et vont jusqu'au suicide, parfois, face à leurs difficultés. Parce qu'ils ont le souci de leurs salariés, du développement local. Les entrepreneurs sont des hommes et femmes comme les autres. Il faut leur faire confiance, les comprendre, les aider dans la difficulté, plutôt que leur jeter la pierre. »

Source : Sud Ouest

Photos d'ours Vincent Munier

  • Photos de Vincent Munier.
    "Il faut sauver les espèces animales en danger non pas parce que nous en avons besoin, mais parce que nous avons besoin de développer les qualités humaines nécessaires pour les sauver, et ce seront celles-là dont nous aurons besoin pour nous sauver nous mêmes. " Robert Hainard.

Le tombeau de l'ours Papillon

  • Textes et Photos d'Antoine Peillon
    Sur un sentier du Haut Bearn, la trace de l'ours Papillon, parfaitement moulée dans la terre détrempée...

Photos de Patous

  • Photos de Claire de Dreuille.
    La protection des troupeaux avec le chien patou ou Montagne des Pyrénées. http://chien-berger.fr.st/

Photos de Labrit

  • Labrit_david_mignot_06
    Photos de David Mignot
    Le Labrit ou Berger des Pyrénées, un chien de travail, un aide et l'ami du berger.

Pastoralisme I

  • Photos de Pascal Marguet.
    Pascal Marguet est naturaliste et photographe, chargé d’études et de projets dans le domaine de l’environnement Il a réalisé des expositions sur le thème du pastoralisme dans les Hautes-Pyrénées. Samuel Marguet, le berger est son frère.

Pastoralisme II

  • Photos de Jean-Paul Falguières
    Pastoralisme et estives dans les Pyrénées. Un passionné de photos et de nature pyrénéenne.

Tonte des brebis

  • Jeanpaul_falguieres_tonte_018
    Photos de Jean Paul Falguières
    Joseph Paroix et Anne Rolland partagent la même passion pour les bêtes et la montagne. C'est pour elles qu'ils ont bâti ensemble, sur le plateau du Bénou, leur bergerie. C'est là, entre vallée d'Ossau et vallée d'Aspe, qu'ils passent l'hiver. L'été venu, ils rejoignent leur cayolar, à une heure de marche du magnifique lac de Bious-Artigues.

Fromages d'Estives

  • Photos de Jean-Paul Falguières
    Août 2001 à la cabane de Cap de Pount, sur le plateau de Bious, où Anne Roland fabrique le fromage après la traite des brebis.
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