L'attitude de Didier Hervé, directeur de l'IPHB, à Eldorando nous a montré que cette Institution est prête a "raconter n'importe quoi" pour essayer de conserver une once de légitimité et continuer à profiter des subventions généreuses de l'Etat ou de l'Europe. La "contre-vérité" n'est pas uniquement utilisé dans l'urgence à l'IPHB, il semblerait que ce soit une pratique de «gouvernance» traditionnelle de la maison. (lire Eldorando: Didier Hervé, le direcreur de l'IPHB oublie et ignore).
Le retour historique sur cette polémique dont Pyrénées Magazine s'est fait l'écho en 2002 (n°84 et 85), comme le témoignage de nos «reporters randonneurs» à ELDORANDO, montrent bien comment fonctionne cette Institution et comment elle à pu laisser perdre ler derniers ours pyrénéens originels à force de nier leur valeur réelle et de refuser de leur apporter du sang neuf. C'est hélas toujours le cas aujourd'hui.
« Le Béarn ne veut que des ours français »
Extraits de Pyrénées Magazine n° 84 (2002) , p.82,
La grande manipulation
La réintroduction des ours slovènes a suscité de vives émotions en Béarn. On a même entendu des propos racistes concernant ces ours «étrangers ».
[Didier Hervé]: « Aujourd'hui, les acteurs locaux, bergers chasseurs, élus, contestent les dires officiels.»
En clair, le monde pastoral et des autres usagers de la montagne béarnaise accusent à mots couverts l'Etat de lui cacher quelque chose. Quelque chose comme un ours par exemple. Ou même plusieurs (...). Si personne ne dit plus rien, si les équipes du professeur Taberlet de Grenoble ne fournissent plus de résultats probants, c'est forcément pour masquer une vérité gênante. Et cette vérité, c'est qu'il y aurait en réalité plus d'ours en Béarn que ne l'annoncent les équipes du ministère de l'Environnement et de l'ONCFS. [Ces allégations se sont montrées complètement infondées et mensongères, la disparition de la dernière ourse femelle Canelle en 2004 en témoigne]
[Didier Hervé]: «Pourquoi n'avoir pas été plus loquace sur les crottes d'ourson fraîches trouvées, en 2001, à côté d'une carcasse d'ourson mort depuis des semaines? C'est peut-être parce qu'il y en a deux. Nous sommes tellement sevrés d'images automatiques d'ours que nous avons développé des compétences locales. Le docteur Piro a photographié un ours, qui est marqué de rouge à l'oreille. Comme Ziva, la femelle réimplantée en 1996.» [Le docteur Piro, photographe amateur est l'homme qui voyait des ours partout et que l'IPHB vient d'embaucher à nouveau. Jamais Ziva n'a pointé son museau en Haut-Béarn, pas plus que n'importe quel ours d'origine slovène autre que le mâle Néré].
Mentir pour mieux refuser Néré, l'étranger
Quelles seraient les raisons de cette omerta? La plus évidente serait qu'en arguant d'une présence autochtone plus forte que ce que les autorités veulent bien laisser croire, il serait inutile de réserver un «bon accueil » à Néré, ours réintroduit, mâle de bon gabarit ayant apparemment élu domicile en Béarn qui s'est montré, en 2001, un rien turbulent. Car ici, on n'est pas pro-ours ou anti-ours. On est pro-ours béarnais [ou on fait tout pour le laisser croire] , mais anti-ours slovène. Et si l'Etat ment, c'est qu'il y a suffisamment d'ours sur les 3 vallées. Donc qu'il est inutile d'en réimplanter d'autres. Ce que l'IPHB traduit, par la voix de Didier Herve en un définitif : «Il n'y a plus, aujourd'hui en béarn, d'acceptabilité sociale pour un renforcement».
[Un français normal aurait dit "Gardez vos ours!", mais Didier Hervé est professeur de langue, il parle Ipéhachebé. Le raisonnement ce tient: Didier Hervé fait tout pour que l'ours soit refusé, en l'ocurrence en répandant des faits complètement fantasques et à la fin, il place «Vous voyez bien que l'ours n'est pas accepté» Rappelons que l'IPHB a été gracement payé pour favoriser cette "acceptabilité sociale". C'est tout le contraire que s'est acharné à faire l'IPHB pendant 12 ans.]
Du racisme anti-ours et des bobards énormes, Pyrénes Magazine ne s'y trompe pas
Et si tout cela n'était que gesticulations? Si les pro-ours béarnais n'étaient que les anti-ours d'hier, ceux là même qui, au moment du braconnage d'une ourse par des chasseurs de la vallée (1994) insinuaient déjà par voie de presse [Lassalle, président de l'IPHB dans Le Monde] que des réintroductions clandestines d'ourses roumaines avaient peut-être été organisées en Haut-Béarn [ça dépasse l'entendement et ce n'est plus de l'huile jetée sur le feu mais du kérosène! Voilà le rôle de «médiation » que joue l'IPHB.]
A chaque nouveau moment, sa nouvelle réponse, sa posture de circonstance. Aujourd'hui, la présence de Néré en Béarn fait appel au pire fond xénophobe: «quand il ya des immigrés clandestins, on organise un charter. Il faut payer un billet de retour aux ours slovènes» a déclaré l'ancien sénateur Louis Althapé en mars 2001 dans la République des Pyrénées (...).
Et ces ours pyrénéens qu'hier encore certains braconnaient sans souci de préserver l'ultime noyau, sont aujourd'hui parés de vertus ambigües.(...) Ce fantasme de la pureté de la race fait dire à certains opposants à la réintroduction des choses qui interpellent. L'ours s'apparente à un défouloir bien étrange. Race pure. Ours immigré. Des mots qui font frémir (...).
50 % des budgets [de l'IPHB] ont été alloués à des travaux de mises aux normes de cabanes et d'amélioration pastorale. De 1994 à 1999, l'Institution a cependant consacré plus de moyens à son fonctionnement propre qu'à l'indémnisation des dégâts d'ours ou au suivi de ces mêmes ours pyrénéens, aujourd'hui défendus avec une voyante combativité. Et le consensus évoqué par l'IPHB semble se faire sur le dos des ours réimplantés, ces «ours venus d'ailleurs et voulus par l'Etat. Nous demandons donc le retrait de Néré» conclut Didier Hervé, «c'est un acte de défiance comme un autre».
[Didier Hervé engage en son nom l'IPHB sur une position que l'IPHB n'a jamais décidée! Il laisse entendre de façon mensongère que l'IPHB réclame alors le retrait de Néré! Pourtant, depuis aout 2004, l'IPHB essaie de récupérer à son avantage les photos de Mohican, le petit de Néré et de Canelle. Mais il est vrai qu'ayant épuisé son propre stock d'ours autochtones, à quoi bon refuser de surfer sur la popularité des ours d'origine slovène? C'est toujours bon pour l'image, la communication et donc pour obtenir les subventions. Tant pis si en même temps on refuse les mesures actuelles pour sauver l'ours des Pyrénées].
Le FIEP et la SEPANSO dénoncent l'imposture
Pyrénées Magazine n° 85, Janvier-Février 2003, p.24 (courrier des lecteurs)
Monsieur [le rédacteur en chef],
Veuillez trouver ci-dessous la réaction des associations de protection de la nature siégeant au Conseil de gestion patrimoniale de l'IPHB à l'article intitulé «Le béarn ne veut que des ours français». La sauvegarde de l'ours brun est chère aux béarnais. Le FIEP (Fond d'Interventio Eco-Pastoral) et la SEPANSO-Béarn (Société pour l'Etude, la Protection et l'Aménagement de la Nature dans le Sud-Ouest) oeuvrent depuis toujours pour la protection de l'ours et de son habitat en Béarn.
A ce titre, nos deux associations ont été invitées à participer au niveau de l'IPHB dès sa création en 1994. Depuis 1999 et l'abandon du projet de renforcement de la population d'ours béarnais, les relations entre les différents partenaires sont devenues plus conflictuelles. L'arrivée de l'ours Néré aux portes du Béarn fut aussi l'occasion de vives polémiques car ses dégâts sur les brebis non gardées de la vallée de l'Ouzom [comme en 2006, même cause, mêmes problèmes] soulevèrent des protestations compréhensibles.
Lorsqu'il gagna enfin le territoire des derniers ours autochtones, tout le monde put alors constater que cet animal n'était pas plus prédateur que les autres lorsque les troupeaux sont gardés.
C'est donc avec stupeur que nous avons découvert un article intitulé «La Béarn ne veut que des ours français» dans le dernier numéro de Pyrénées Magazine, d'autant que cette affirmation s'appuie sur les propos de monsieur Didier Hervé, le directeur de l'IPHB, selon lequel: «Nous n'avons plus aucun résultat scientifique» consernant l'ours (et notamment aucune analyse génétique). «Nous demandons le retrait de Néré».
Ces propos sont extrêmement choquants à bien des titres: ils nient d'une part le travail du Réseau Ours Brun, internationalement reconnu par tous les scientifiques spécialistes du plantigrade et auquel participe d'ailleurs l'IPHB qui reçoit en retour tous les résultats de ces études, parmi lesquels les analyses génétiques effectuées en 2001.
D'autre part, l'IPHB n'a jamais demandé le retrait de Néré. De plus monsieur Didier Hervé rapporte la fausse polémique concernant l'ours muni d'une marque auriculaire et dont on sait par les personnes qui ont capturé Néré qu'il s'agit bien de cet animal et non de Ziva, ourse régulièrement repérée en val d'Aran.[et jamais en Béarn à ce jour. Mais qu'il aurait été pratique de trouver une seconde femelle pour faire une croix définitive sur tout projet de lâcher. Chose qui fut faite de toute façon].
Lorsque nous avons demandé des explications à monsieur Didier Hervé, il a démenti avoir tenu de tels propos. Cependant, le président de l'IPHB, Jean Lassalle s'est refusé à faire un rectificatif, laissant ainsi se propoger une fause image de la situation béarnaise.
Nous ne pouvons accepter que les dirigents de l'IPHB laissent se répandre un discours ne reflétant pas la position de l'ensemble de ses membres [quand elle ne s'invente pas des membres] et visant toujours à discréditer les services de l'Etat pour mieux réclamer tous les pouvoirs en matière de gestion de l'ours.
Loin de ce combat politique, pourtant, bergers et ours, Néré compris, continuent de cohabiter sans heurts, en Béarn, grâce à un ensemble de mesures spécifiques d'aide aux bergers de la zone à ours depuis une vingtaine d'année.
Les associations de protection de la nature ne peuvent admettre que l'ours brun autochtone disparaisse sous nos yeux en Béarn (4 ou 5 ours dont une seule femelle selon le Réseau Ours Brun officiel). Le FIEP Groupe Ours Pyrénées et la SEPANSO Béarn s'inscrivent toujours dans la perspective d'un projet de développement de vallées béarnaises respectueux de l'environnement.
Mais sans renforcement, avec une ou deux femelles, ce ne serait que faire durer les avantages liés aux derniers ours sans les sauver. [Nous y sommes encore hélas].
Gérard Caussimont (Président du FIEP) et
Jacques Mauhourat (Président de la SEPANSO-Béarn)
Un peu d'histoire permet d'éclairer la situation actuelle.



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