L'IPHB publie une lettre de l'Association des Bergers et Eleveurs Transhumants des 3 Vallées Aspe-Ossau-Barétous aux communes pyrénéennes ayant accepte le renforcement. Une maladroite tentative d'intimidation et une dernière argumentation bien maigre avant l'annonce par Madame Nelly Olin, le 13 mars, des communes choisies pour le lâcher et la réintroduction d'ours en 2006 dans les Pyrénées.
Le 9 mars 2006
« Madame, Monsieur,
Vous avez décidé d’accepter le Plan de renforcement de la population d’ours imposé par Monsieur Serge LEPELTIER et confirmé par Madame Nelly OLIN. Or, ce plan a été annoncé en janvier 2005, au mépris de tous ceux qui s’étaient engagés le 8 décembre 2004 dans le plan d’action de l’Institution Patrimoniale du Haut-Béarn (IPHB) et, sur tout le massif pyrénéen, sans consultation préalable des acteurs de ces territoires et des éleveurs en particulier. »
[ IPHB.org : Que s’est-il passé de concret en Béarn depuis le 8 décembre 2004 en ce qui concerne la réintroduction d’ours ? Rien. L’IPHB et « tous ceux qui s’étaient engagés » ont-ils respectés ceux-ci ? Non ]
« Ce plan de renforcement imposé par l’état une première fois, ne va t-il pas être imposé une seconde fois par des décisions de Conseils Municipaux ou de collectivités locales qui pourraient l’accepter ? »
[ IPHB.org : L’Etat à décider de réintroduire 5 ours. Des communes sont candidates pour un lâcher d’ours sur leur territoire et la majorité des pyrénéens sont derrière eux, comme le disent TOUS les sondages effectués, que ce soit par des associations, des centres de sondages professionnels, par la presse. Votre démarche consiste juste à « impressionner » ceux qui agissent pour la sauvegarde du patrimoine pyrénéen.
Quelques rappels :
- La charte de l’IPHB s’appelle « La Charte de Développement Durable des Vallées Béarnaises et de Protection de l’Ours »
- Son article 7 stipule : « La protection des derniers ours français constitue un enjeu local, national et international. Il s’agira d’assurer, à terme, au mieux le maintien spontané de la souche d’ours Pyrénéen, au pire de l’espèce, en permettant simultanément le développement des vallées. L’objectif à terme serait de reconstituer une population viable au niveau du massif Pyrénéen dans des conditions de vie aussi naturelles que possible. Dans le cadre de cet objectif les règles de gestion qui s’y appliquent peuvent admettre un certain degré d’artificialisation en cas de problèmes d’insécurité ou pour des raisons scientifiques tout en sauvegardant les conditions de développement de la population ursine.
- La protection des derniers ours français qui est une obligation pour l’Etat ]
« Nous attirons votre attention sur le fait qu’accepter ce renforcement sur une ou plusieurs communes c’est prendre la responsabilité d’imposer la présence d’ours réintroduits sur tout le territoire de nos vallées, et au-delà ! Et cela sans concertation. Accepter ce plan c’est continuer le mépris fait de l’inquiétude des paysans de montagne, c’est continuer l’absence de vraie concertation. C’est nous déposséder collectivement de toute réflexion, décision et garantie sur la place de chacun dans la montagne de demain. »
[ IPHB.org : Accepter le renforcement est un acte courageux de résistance aux pressions des lobbies agricoles et pastoraux. Accepter le renforcement, c’est donner une chance à la population d’ours de se maintenir et c’est AGIR, enfin, pour la sauvegarde du patrimoine pyrénéen.
Accepter le renforcement, c’est luter contre l’inaction, la lenteur, l’inefficacité et le manque de résultats de l’IPHB qui, malgré des moyens colossaux, est incapable d’assurer convenablement sa mission et qui contrairement au texte de sa charte, ne prend que des décisions qui ont comme conséquence le déclin inexorable de la population d’ours en Béarn et l’extinction de la souche pyrénéenne.
L’Etat a organisé une grande concertation, reconnue par tous les experts internationaux. Je cite le professeur Jon E. Swenson : « Je suis d'avis que les autorités ont suivi les recommandations de l'IUCN et du Conseil de l'Europe dans leur travail pour se préparer au renforcement de la population d'ours brun dans les Pyrénées. Fondé sur la croissance observée de la population des Pyrénées centrales, je crois que l'objectif de doubler le nombre d'ours dans l'ensemble des Pyrénées est réaliste, si des efforts suffisants sont faits pour assurer le succès du renforcement. Il est important que le gouvernement continue les efforts de renforcement au-delà de 2005.» ]
« Accepter ce renforcement, c’est mettre sûrement les bergers et les éleveurs de ces territoires dans des situations de cohabitation difficile, voire impossible, sans aucune garantie minimum, sans aucun lieu de gestion des problèmes ou des drames qui ne manqueront pas de surgir, sans aucun lieu de concertation réelle. »
[ IPHB.org : Seuls les opposants à l’ours déclarent que la cohabitation est impossible. Les éleveurs qui cohabitent sont régulièrement menacés ou agressés. Des pressions énormes ont lieu de la part de l’IPHB et des éleveurs opposant pour empêcher la mise en place des mesures de protection des troupeaux qui ont fait preuve ailleurs d’une efficacité remarquable pour diminuer les pertes sur les troupeaux quelles qu’en soit l’origine.
L’abandon du troupeau dans les estives et le refus de mettre en place les mesures de protection existantes n’est pas le résultat de l’ours mais bien d’une politique pastorale cherchant à produire plus et à refuser par principe toute cohabitation. ]
« Alors, les habitants de nos vallées qui subiront les conséquences néfastes d’un tel renforcement ne manqueront pas de se retourner contre ceux de nos vallées aussi qui l’auront permis. Il leur faudra alors assumer seuls la responsabilité des actes des ours qu’ils auront réintroduits. »
[ IPHB.org : Serait-ce des menaces ou une nouvelle tentative d’intimidation ? Les milices pastorales vont-elles recevoir l’ordre de fondre sur les maires courageux ?
L’Etat (qui a l’obligation d’assurer la survie de la population d’ours) et la très grande majorité des français (tous les sondages d’opinion étalés dans le temps, même ceux pratiqués en Béarn, le montrent) n’accepteront pas que la maigre population d’ours, (partie intégrale et immémoriale du patrimoine pyrénéen), ne subissent les conséquences néfastes de la politique destructrice menée par une petite minorité de français constituée de politiciens locaux, d’éleveurs intégristes refusant toute cohabitation et par l’IPHB.
Cette politique provoque la disparition de l’ours. Certains bergers ont même annoncé hier à Toulouse qu’ils étaient prêts à y participer physiquement et à « descendre les ours slovènes ». ]
« Accepter ce renforcement, c’est peut-être un très bon coup médiatique et « commercial » mais c’est un mauvais coup à la solidarité indispensable à l’avenir de nos vallées. C’est enfin donner à l’état le droit de faire sans nous et même contre nous. »
[ IPHB.org : A propos de coup médiatique, si l’on parlait de la première mondiale d’un député qui fait une grève de la faim parce qu’une entreprise de son département envisage de s’installer 60 km plus loin !
L’ours est certainement un bon coup commercial comme le prouve différents offices de tourisme en Béarn qui utilisent l’image de l’ours pour assurer la promotion des vallées, alors que le baron local s’acharne à le détruire. Contrairement aux rumeurs clamées partout par les bergers (Lacube hier dans les journaux télévisés), l’ours ne fait pas peur, ne fait pas fuir les touristes. J’en connais même beaucoup qui viennent dans les Pyrénées parce que l’ours y est encore. L’ours est une locomotive pour le tourisme comme pour le pastoralisme ( ceux qui utilisent l’ours pour vendre fromages et agneaux) l’ont bien compris. ]
Ici en Béarn, la cohabitation avec l’ours est une réalité ancestrale de nos vallées, nous essayons depuis plus de dix ans de l’améliorer. Elle devient parfois tellement difficile, souvent à cause de certains hommes bien lointains de nos réalités qui la compliquent tellement, que certains, de plus en plus nombreux, finissent par penser qu’elle devient impossible. Le sauvetage des ours comme le sauvetage de la transhumance et des bergers tient à la volonté des hommes.
[ IPHB.org : ce qui est ancestral, c’est la volonté des bergers d’éliminer l’ours, de « rendre la montagne propre ». A chaque apparition médiatique, il y en a un qui déclame « Si nos ancêtres ont tout fait pour s’en débarrasser, c’est qu’il y a une raison ». Cette raison est une incurie culturelle congénitale, un manque de respect pour la chose vivante, une attitude bien loin des aspirations actuelles de respecter l’être vivant, quel qu’il soit, même s’il apparait inutile. A quoi sert une fleur, un caillou, un ours ? Toute chose doit-elle être rentable ? La montagne n’appartient pas aux bergers, mais aux générations futures.
« Certains, de plus en plus nombreux, finissent par penser qu’elle devient impossible » Mensonges. Avez-vous des chiffres à me communiquer ? Qui, combien, d’après quel sondage ? Les opposants à l’ours sont furieux et furieusement minoritaires. 350 personnes dans les rues de Toulouse. Les mêmes qui ont commis les différentes exactions sur lesquelles je ne reviendrais pas. ]
Ce sauvetage sera collectif ou ne sera pas !
[ IPHB.org : Oui ce sauvetage sera collectif. Une décision de l’Etat qui est soutenue par la plus grande majorité de l’Etat. Et les politiciens locaux qui s’opposent à cette décision en sont réduits à des pratiques et à des discours ridicules :
- grève de la faim à l’assemblée,
- tentatives de désinformations pour effrayer les touristes,
- associations débiles entre ours et grippe aviaire
- discours racistes sur les ours « étrangers » ou « slovènes »
Il s'agit la de tentatives désespérées pour s’opposer à la décision de l’Etat qui désire assurer la survie de la population en danger d’ours vivant dans les Pyrénées. ]
« Malheureusement, l’évolution de l’agriculture de montagne fait que nous sommes de moins en moins nombreux dans les vallées et aussi dans les conseils municipaux, mais nous sommes solidaires des bergers et éleveurs transhumants qui eux y sont ! »
[ IPHB.org : la politique économique des agriculteurs de montagne est à la base de leurs problèmes : une course à la productivité qui ne tient aucun compte des demandes en produits de qualité. La désastreuse épopée de l’AOC Barèges-Gavarnie en est un bel exemple, une tentative d’imposer des pratiques pastorales qui ne se fondent en rien sur des « usages locaux loyaux et constants ». ]
« Pour nous, transhumants des vallées d’Ossau, d’Aspe et de Barétous, les choses sont claires. Nous avons créé en 1990 l’Association des Eleveurs et Transhumants des Trois Vallées pour que dès lors personne ne décide sans nous et encore moins contre nous.
« Nous avons toujours participé à toutes les assemblées qui traitent de nos montagnes, de nos vallées, du territoire où l’on vit et que l’on participe à faire vivre. A toutes les assemblées sauf celles où nous savions que l’on nous prendrait en otage !
C’est pour ces raisons qu’ici en Béarn, nous avions décidé en 1994 de signer la Charte de développement durable des vallées béarnaises et de protection de l’ours pour participer activement avec tous les acteurs aux projets d’avenir pour notre territoire, aux côtés des élus de nos villages.
Mais la Charte n’a jamais dit que les signataires devraient se soumettre à quelque pression que ce soit et encore moins à la décision unilatérale et autoritaire de l’état de remettre des ours, bien au contraire.
Que ceux qui réclament le respect des engagements pris dans la Charte la relisent attentivement et balaient devant leur porte, même ceux qui n’ont pas eu le courage de la signer ! »
[ IPHB.org : le repli régional caractéristique, un sous nationalisme rampant, le Béarn n’est pas une république ! Ce comportement est typique des montagnards vivant dans des zones reculées et qui considèrent le droit du sol comme bien supérieur ou droit des urnes. Certains partis extrémistes font pareils.
Le rejet des « étrangers », qu’ils soient de la plaine, de la ville, d’une autre profession non terrienne (les fonctionnaires surtout) ou slovènes est du même tonneau. Ce rejet désuet contribue à vous décrédibiliser aux yeux du reste de la population et à vous faire passer pour des montagnards rétrogrades et bourrus. Même les éleveurs en sont conscients comme le prouve la déclaration de Philippe Lacube, l'un des instigateurs du projet Association pour la sauvegarde du patrimoine d'Ariège-Pyrénées : « Le collectif veut montrer un nouveau visage de la lutte anti-ours que celui caricatural du vieux berger pyrénéen avec son béret et son air peu affable. L'idée est de devenir une association représentative en fédérant toutes les approches du mouvement ».
C’est sûrement une bonne idée. Encore faudrait-il que les actes ne prouvent pas le contraire, comme lors de la manifestation du 10 mars à Toulouse : maculer des murs de sang récupéré dans les abattoirs et abandonner des fœtus d’agneaux gardés pour l’occasion dans des congélateurs sont-elles les nouvelles pratiques qui vont améliorer votre image de marque et faire de vous des pyrénéens respectables et respectés. J’en doute.
L’ASPAP est une vitrine médiatique destinée à cacher la misère de votre argumentation et l’irresponsabilité de vos actes de vandalisme. Il n’est pas si facile de tromper les gens. Vous êtes tellement habituer à avancer aveuglés par les lumières de certains dirigeants politiques irresponsables comme Jean Lassalle (La Castafiore) ou Augustin Bonrepaux (Tintin) que vous passez pour des petits comiques, aussi risibles que des caricatures de BD. ]
« Revenir à « la Charte, toute la Charte et rien que la Charte » comme nous l’avons si souvent dit et écrit serait peut-être retrouver la voie de la sagesse et du dialogue. Mais après tant de mépris, est-ce encore possible ? En attendant, nous veillerons à ce que personne ne fasse dire à la Charte ce qu’elle ne dit pas, parce que nous l’avons signée et nous n’accepterons pas que l’on décide pour nous, sans nous !
[ IPHB.org : Non ce n’est plus possible. L’IPHB a eu le temps et les moyens. L’IPHB n’a pas réussi sa mission. L’IPHB refuse les réintroductions en Béarn et a perdu toute crédibilité. La charte est morte, l’IPHB est mort de sa belle mort. Son patron, sentant la fin (la faim ?) venir s’est mis en retrait. Que des ours soient ou ne soient pas lâchés en Béarn au printemps, l’IPHB n’a plus à gérer le dossier ours et comme le SEPANSO-Béarn, IPHB.org demande la dissolution de l’Institution patrimoniale du Haut-Béarn. Rideau sur cette mascarade couteuse. Le grand machin d’Henri Ollagnon est un échec retentissant. ]
« L’introduction d’ours décidée par Monsieur Serge LEPELTIER et Madame Nelly OLIN, ce n’est pas la Charte ! »
[ IPHB.org : non cette réintroduction est bien mieux que la charte. Cette réintroduction est le début de la sauvegarde de la population d’ours des Pyrénées. La Charte est un document compliqué, administratif qui a accouché de palabres sans fin et sans résultat autre que le détournement de l’argent destiné à la protection de l’ours vers le pastoralisme béarnais. ]
« Nous tenions à vous faire part de notre position afin que vos décisions définitives soient prises en toute lumière de la réalité et parce que nous craignons que nos vallées pourraient vraiment y perdre dans un avenir qui pourrait s’annoncer des plus confus.
Sûrs de votre compréhension, nous vous adressons nos sincères salutations. »
[ IPHB.org : Libre à vous d’ouvrir les yeux et de faire de votre avenir, de vos vallées, une zone accueillante pour les hommes, les ours, les touristes et les investisseurs. Vous en avez fait une route à camion et des estives pleines de haine et d’ostracisme. ]
Le bureau de l’Association
Valérie CASABONNE-ANGLA, bergère en vallée d’Ossau
Monique LAHITETTE, bergère en vallée d’Ossau
Jean-Michel HARRITCHABALET, berger en vallée de Barétous
Jean-Louis LABORDE-BOY, berger en vallée d’Ossau
Julien LASSALLE, berger en vallée d’Aspe
Joseph Paroix, berger en vallée d'Ossau
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