HAUT BÉARN - Jean Lassalle, président de l'Institution patrimoniale fait face à plusieurs tentatives de déstabilisation.
«Je n'ai rien demandé. Mais cela fait plaisir », déclarait le député maire de Lourdios Modem, Jean Lassalle, à propos de sa décoration par la fille adoptive de Jacques Chirac. Anh Dao Traxel lui a en effet remis en effet la médaille du dévouement civil et militaire. Un moment de répit.
Ces derniers temps, il se concentre surtout pour éviter les coups de poignard dans le dos. Sans oublier de jeter quelques peaux de bananes sous les pas de ses adversaires.
Son conflit avec Alain Rousset ? Le président socialiste de la région Aquitaine active ses relais en Aspe et dans le piémont, pour ne jamais manquer l'occasion d'un croche-pied. Quant aux porte-flingues de l'UMP, ils veulent toujours sa peau.
Ses relations aigres douces avec l'État et ses services ne manquent pas non plus de sel. La dernière illustration vient d'être donnée dans la perspective du bouclage de la réforme du Parc national. Jeudi, il a condamné «ces fonctionnaires qui se comportent comme des Pieds Nickelés».
Des brèches
Mais c'est au sein de l'Institution patrimoniale du haut Béarn (IPHB) qu'il préside que de nouvelles brèches se sont ouvertes. On se rappelle qu'Etsaut, Cette-Eygun ou Accous n'ont pas voulu, l'année dernière, augmenter leur participation au budget. On se souvient aussi du conflit larvé avec ses amis de la Gaule aspoise à propos d'un financement lié à l'entretien du gave. Mais nul n'a su que Jean Lassalle s'est fait déborder sur sa gauche en décembre dernier. Dans les vallées, les mauvaises langues ne se gênent pas pour faire circuler l'information.
Un certain nombre d'élus ont créé un incident au moment de se pencher sur le vote de l'augmentation des revenus de trois salariés de l'IPHB. La discussion s'est terminée par une prise de bec sur le coût de l'emploi du directeur, Didier Hervé, le fidèle lieutenant. À l'évidence, Jean Lassalle n'avait pas anticipé le coup. Il avait été contraint de clore les débats en repoussant la question à un prochain ordre du jour.
Agitation
Le contre-feu est venu à l'occasion des voeux à l'Institution. Une première qui a eu lieu... début février. Il en avait profité pour faire passer quelques messages indirects aux ennemis de l'intérieur.
Une simple anecdote ? Pas sûr. L'IPHB prépare, en effet, son budget 2009 dans des conditions difficiles. La Région ne lui fera pas de cadeaux. Et l'État ?
«L'Institution n'est pas consolidée. Le débat sur ses missions n'a toujours pas été organisé. A ce sujet, nous devions avoir une réunion avec le préfet qui n'a pas eu lieu», répond François Maïtia, le vice-président du Conseil régional. «L'IPHB est un outil utile pour le pastoralisme où la forêt et la Région joue son rôle. Pour d'autres sujets, il existe des communes, des intercommunalités ou le pays d'Oloron. La tentation de Jean Lassalle est forte d'occuper tous les terrains sur tous les champs possibles. Son agitation est superflue. C'est aussi le cas au sein du conseil d'administration du Parc national où il est isolé ».
Donneurs de leçons
«L'Institution et son président sont la cible de plusieurs batteries de canons», reconnaît Jean Lassalle. «Certains expriment les voix du territoire. D'autres, celles d'en haut. Mais enfin, qui se remue le cul autant que moi ici ?» Il égrène ses résultats : «Toyal, les usines d'Arudy et l'Abri montagnard sont toujours là. Menacée, la station d'Artouste est encore ouverte. La déviation de Bedous sera inaugurée en juin. Nous avons créé 400 emplois en Barétous et sauvé les emplois de la clinique d'Oloron. Partout en France, je suis reconnu comme le défenseur de l'expression des campagnes. Je crois que beaucoup de donneurs de leçons ne traversent pas en ce moment des périodes plus heureuses.» Faut-il y voir un clin d'oeil à l'actualité sociale du bassin de Lacq ?
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