Après la grève de la faim du député UDF, un compromis avait été trouvé avec le groupe Toyo, la maison mère. Mais sur le terrain, rien n'est simple.
Un imbroglio
Signé le 14 avril dernier entre Nicolas Sarkozy et Masao Imasu, le président du groupe japonais Toyo, le protocole d'accord qui devait avaliser le maintien de l'usine Toyal Europe en vallée d'Aspe a, depuis, tourné au casse-tête. Conclu sous la pression médiatique entourant la grève de la faim du député UDF, l'accord privilégiait une solution locale pour l'extension de Toyal à Accous. Aujourd'hui, personne ne sait comment mettre en oeuvre l'opération et encore moins combien elle va coûter.
À l'époque pourtant, casquette de ministre de l'Aménagement du territoire sur la tête, Nicolas Sarkozy avait pris en main le dossier. «Il fallait accélérer la recherche d'une sortie de crise alors que l'état de santé de Jean Lassalle se dégradait», précise aujourd'hui un membre de son cabinet. Sans parler du message envoyé aux investisseurs internationaux...
Assistance technique et financièrePression est donc mise sur le groupe japonais. Le leader mondial de la poudre et de la pâte d'aluminium est sommé de donner des garanties sur son maintien en vallée d'Aspe. De leur côté, les pouvoirs publics s'engagent à assister techniquement et surtout financièrement le projet.
Mais sur le terrain, l'opération est loin d'être simple. L'installation à Accous d'une deuxième ligne de production a un coût bien supérieur au projet initial à Lacq où le terrain, vendu par Total, était déjà viabilisé. D'abord, le site d'Accous nécessite d'importants travaux d'aménagements. Une opération chiffrée entre 4 et ... 40 millions d'euros, selon qu'il faut déplacer ou non la route départementale. Ensuite, désormais classée Seveso II - une particularité qui avait échappé, en avril, aux collectivités -, l'usine doit se conformer à des normes de sécurité draconiennes et coûteuses.
Soutenu principalement par le président de la Région Aquitaine, Alain Rousset (PS), le président de Toyal Europe, estime que c'est aux pouvoirs publics de régler l'intégralité du surcoût, «comme le prévoit le protocole d'accord». Une position combattue par Jean Lassalle qui estime que l'usine aurait «de toute façon» dû se mettre aux normes. Entre les deux, la communauté de communes de la vallée d'Aspe a du mal à trancher.
Avant même de décider qui doit payer quoi, l'affaire est donc à présent au point mort. Une rencontre organisée le 25 juillet entre Masao Imasu, le PDG de la maison mère japonaise, et Claude Guéant, le chef de cabinet du ministre de l'Intérieur, devait faire avancer les choses. Alors que Toyal s'est engagé à faire preuve d'un peu plus de bonne volonté, les pouvoirs publics ont, eux, promis, d'accélérer les procédures administratives. Un expert indépendant a été nommé. Il a entamé début août son travail d'évaluation des travaux pour un chiffrage précis en octobre.
Source: le figaro
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