Eldorando : Didier Hervé, le directeur de l'IPHB oublie et ignore
Accous (vallée d'Aspe) - 25 et 26 mai 2006
Texte transmis par "Balou Dubois" et "Franska Béarn" (pseudos)
2 "reporters randonneurs" en terre castaphioresque ont assisté le 25 mai à la première des « journées débats internationales » d'Eldorando.
Multi-usages et gestion de l'espace
Premier conférence à 14 heures : « Multi-usages et gestion de l'espace ». Nous étions là pour découvrir quel usage l’ours pouvait encore faire de l’espace de cette vallée où Cannelle, la dernière femelle a été abattue. Urdos n’est pas très loin d’Accous, à peine au dessus des chapiteaux d'Eldorando. L’esprit de Cannelle plane au dessus de la vallée.
Découverte de l’intéressante liste d'intervenants concoctée par Didier Hervé, directeur de l'IPHB et qu’il imagine faite sur mesure pour lui et son Institution. Le casting est verrouillé !
Animation : Didier Hervé (directeur de l'IPHB)
Rapporteur : Christophe COUSSO (Chambre d'Agriculture des Pyrénées Atlantiques), intervenants :
- Jean Marc PRIM, chambre d'agriculture itou : un anti-ours notoire qui a siégé pendant des années à l'IPHB.
- Monique LAHITETE, chevrière, représentant l'Association des Bergers et éleveurs des Trois vallées (Association qui s'est prononcée contre l'ours).
- Rouchdy KBAIER (président du Parc National des Pyrénées), seul représentant officiel de l'environnement.
L’espace de la vallée est multi-usages, mais il ne faut pas exagérer quand même. Premier pressentiment : l'IPHB mène la barque et Didier Hervé s'est entouré pour ce débat de solides piliers du lobby agricole local, tous opposants à la présence de l’ours. On s’attend à se retrouver à une réunion de l'IPHB : pas de représentant de l'association des bergers éleveurs produisant le fromage « Pé Descaous », pas invitée sans doute, malgré les panneaux publicitaires qui fleurissent le long de la nationale (ceux qui restent, un grand nombre de ces panneaux ont été arrachés).
Un peu de propagande gratuite
14h45, une trentaine de personnes sont installées dans la salle de la mairie d'Accous pour assister aux débats. On a eu droit selon Didier Hervé au « quart d'heure académique béarnais, puis au quart d'heure basque et enfin au quart d'heure corse ». On n’a pas compris: une allusion aux méthodes corses? Lui y a pensé visiblement. C’est dans le personnage. 45 minutes de retard. Afin de nous faire patienter, Didier Hervé, détendu, confiant distribue deux documents made in IPHB :
- « L’eau de notre vallée d’Aspe » : l'IPHB cherche à se faire une légitimité sur ce thème. Il y a des sous à prendre et un dossier de rechange est intéressant. L’ours et l’argent de l’ours ne seront pas éternel. Puisque l’IPHB a tout fait pour le faire disparaître, il faut rester logique.
- « L’institution patrimoniale du Haut-Béarn » : une plaquette de présentation générale en quadrichromie (montage photo, carte, liste des membres). Oups, faisons nous une erreur ? S’agit-il de la gestion de l’espace publicitaire dans les vallées de l’IPHB ?
La pluie, l’eau qui arrive, l’eau qui repart
« L’eau de la vallée d’Aspe, la pluie, l’eau qui arrive, l’eau qui repart » : avec une telle entrée en matière, nous voilà de retour en CM2. Sourires discrets dans la salle. On y apprend qu’il existe en « zone IPHB » (sans doute un nouveau département): 8 secteurs en « vulnérabilité forte » d'innondations.
Jean Lassalle qui préside l'IPHB a-t-il lu ce document et sait-il que l'élargissement de la RN 134 menant au tunnel du Somport n'a pas ménagé le gave d'Aspe? De nombreuses zones d'expansion du lit de la rivière ont été définitivement détruites par les travaux routiers pharaoniques qu'il soutient encore? Se soucier des risques d'inondations dans une plaquette de communication est chose intéressante, préserver sur le bord du gave les zones inondables est bien plus efficace, mais le long de l'axe E7, il est par endroit trop tard, des murs en pierres et en béton dominent le cours d’eau.
(Lire Jean Lassalle nous gave)
Récupération
Nous avons reçu par erreur la plaquette de présentation de l'IPHB en espagnol. L’Espagne est-elle en zone IPHB ? Attirer le lobby agricole espagnol peux servir pour internationaliser la patrimonialisation consultative mixte du pastoralisme montagnard violé, si vous voyez ce que je veux dire. (Pour vous habituer à ce type de phrase, lisez Parlez-vous Ipéhéchebé? )
Surprise : au bas de la page de couverture et une deuxième fois à l’intérieur, juste à côté du logo IPHB, une photo de « Mohican », une photo floue que vous connaissez bien. Elle est extraite d’un film vidéo réalisé par un garde moniteur du Parc National. Didier Melet a tourné le 26 août 2004 en vallée d'Aspe, un film d’anthologie : Cannelle et son ourson dans une clairière pleine de framboisiers. L’ourson debout surveille où est sa mère, Cannelle. Elle sera abattue quelque mois plus tard.
Cette photo appartient au Parc National. Sur la brochure, on lit « Photos IPHB », un non respect des droits d’auteurs, un petit oubli qui arrange bien l’IPHB :Les ours se reproduisent dans leur Béarn. Propagande.
Quand on sait que Jean Lassalle a critiqué et médit sur Néré, un ours étranger, un «fauve slovène» père de Mohican qui, s’il ressemble à son père deviendra un dangereux sanguinaire, et restera un batard, même s’il est né de Cannelle dans les Pyrénées. L’IPHB utilise l’ourson dans ses prospectus, mais fait tout pour le laisser sans descendance en Béarn puisque l’IPHB a refusé le lâcher de deux femelles en «zone IPHB». Je suis curieux de savoir si la Parc National a été consulté pour cet emprunt. L’IPHB cherche à s'attribuer si ce n'est la paternité, la popularité de l’orphelin de Cannelle. Ainsi fonctionne la communication de l’IPHB.
Petits arrangements sans conséquences avec la Charte
Autres éléments amusants de cette plaquette : on y apprend que parmi les «compétences et les objectifs de l'IPHB», il y a celle qui consiste à : « [...] assurer le maintien d'une petite population d'ours bruns dans le Haut-Béarn [...] ».
De très gros moyens pour un petit objectif : quel glissement étrange! Une « petite » population et seulement dans le « Haut-Béarn » ? Une petite recherche plus tard, le temps de se plonger dans le texte officiel de la fameuse charte, le fondement même de l'IPHB, le fameux « contrat d'honneur et de confiance » de Jean Lassalle, celui sur lequel, et on s’aperçoit que l’IPHB adapte le contenu de la charte dans le sens qui l’arrange. Vu les résultats, autant diminuer les objectifs qu’on s’était fixé. La charte de l’IPHB stipule dans son article 7 : « L’objectif à terme serait de reconstituer une population viable au niveau du massif Pyrénéen dans des conditions de vie aussi naturelles que possible. » et aussi (orientation 4) : « [...] Au terme de cette expérimentation [ d'une gestion expérimentale de la population locale d'ours ] reconstitution d'une population viable sur l'ensemble du massif pyrénéen. »
Cette charte ne valait déjà pas grand chose sur le plan juridique, si en plus on la traduit de façon extrêmement minimaliste en toute lettre, jusqu'où ira l’IPHB dans ses manœuvres de désinformation? Objectifs importants, moyens colossaux, communication minimalisant les écarts objectifs/réalisations et résultats catastrophiques : un beau bilan. Et ce n'est pas fini : il y a encore un élément « amusant » dans cette plaquette comme nous le verrons plus loin.
Première leçon de langue ipéhachebé
La conférence démarre, Didier Hervé cadre le sujet, il le « patrimonialise » au maximum, il « Ollagnonise » autant qu'il peut, il définit la notion de « multi-usage » du « territoire » selon lui même et selon 5 catégories de ressources : herbe, forêt, eau, neige et montagne. Le secteur compte 150 estives, 80 000 ovins, produit 200 tonnes de fromage par an. La « zone IPHB » est le centre des Pyrénées.
Plaintes, pleurs et lamentations
Rouchdy KBAIER et Jean Marc PRIM ne sont pas là, mais un autre berger-éleveur est présent : Joseph Paroix. Après quelques diapositives où l'ours brille toujours par son absence, Didier Hervé passe la parole aux bergers.
Joseph PAROIX timide et effacé n’aime pas parler en public, cela ce voit. Que fait-il là? D’une voix faible, le berger explique la dureté du métier ingrat, ses malheurs, ses difficultés. L’assistance partage son pain noir en silence pour entendre la faible voix. Il semble ému, presque en larme. Monique Lahitète poursuit : « Nous sommes les premiers utilisateurs de la montagne ». Premiers au sens de prioritaires ? Chronologiquement parlant ou en terme d'importance des services rendus ? Le discours misérabiliste de ces deux éleveurs a quand même de quoi bouleverser les consciences. Est-ce l’objectif de leur présence à cette conférence? Le public est déstabilisé et surpris par tant de noirceur. Curieusement, encore aucune mention de l’ours dans la gestion « multi-usage » de l'espace.
D'autres interventions suivent, notamment celles de la délégation étrangère et celle des représentants de l'association des populations de montagne du monde. Tous ensemble, tous ensemble, l’internationale syndicale pastorale en quelque sorte, la mondialisation patrimoniale. Ensuite, la parole est à la salle (Pas Jean)
Le pastoralisme, activité difficile :lutter contre les camions, pas moins!
Quelques questions d'usage puis, une prise de parole moins conformiste: un représentant du « Comité des Habitants de la Vallée d'Aspe », comité qui depuis le début est opposé au tunnel du Somport et à la transformation de la vallée en couloir à camion. Il déplore et informe l'assistance que son association souhaitant animer un stand parmi les associations présentes à Eldorando, s'est vue essuyer un refus catégorique de la part de l'organisation officielle.
Est-ce vraiment surprenant quand on sait que Jean Lassalle est le premier promoteur de l'option « couloir à camion » et qu'il est président d'honneur d'Eldorando ? Aurait-il toléré un petit stand d'opposants dans sa kermesse, sa « garden party »? Un organisateur d'Eldorando et Didier Hervé expliquent qu'ils n'ont en effet pas désiré inviter les associations «militantes» (sic) telles que ce comité d'habitants ou telles que la SEPANSO ou FERUS pour ce qui concerne l'ours !
Les pieds dans le plat
Puis un accompagnateur en montagne pose une double question : «Pourquoi n'y a-t-il aucun représentant de l'environnement à cette conférence et pourquoi n'entend-on rien sur l'ours alors que le sujet de la conférence est : «multi-usage et gestion de l'espace» ? D'un ton assuré, Didier Hervé explique que les officiels de l'environnement ont été invités mais n'ont pas pu venir sans qu'il en soit responsable. Il pensait sûrement au président du Parc.
Le directeur de l'IPHB se lance alors dans le « recadrage » de la question de l'ours qui n'est pas selon lui le sujet du moment et qu'il abordera dans sa globalité mais sans entrer dans l'actualité, signifiant par là même à l'assistance que c'est ainsi que nous sommes sommés de faire nous aussi! Il laisse entendre qu'une fois qu'il aura fini d'en parler, nous n'aurons plus à aborder le sujet. Lui qui ne doit sa présence ici qu'à l'ours et qui doit son salaire au plantigrade. C'est donc le directeur de l'IPHB qui est ici seul autorisé à évoquer l'ours et uniquement dans les termes qu'il entend!
Didier Hervé ne s'en prive pas. Il s'ensuit une magnifique présentation de l'IPHB, cet extraordinaire Institut où tout le monde s'assoit autour d'une table pour se parler et prendre des décisions, un endroit idyllique où l'on aime la concertation et où tout le monde est représenté.
Les associations "militantes" et l’IPHB
Une seconde personne prend la parole et interpelle Didier Hervé : « Monsieur Hervé, vous expliquez que les associations trop « militantes » n'ont pas été invitées à Eldorando, mais vous même, ne trouvez vous pas que vous faites ici du militantisme, que votre plaquette de présentation de l'IPHB est aussi militante? Je m'explique: vous annoncez qu'à l'IPHB, tout le monde est représenté. C'est faux : les associations de protection de la nature ont quitté l'IPHB il y a plusieurs mois. Quand votre Institut a été créé, il restait 6 à 7 ours en Haut-Béarn, il n'en reste plus que trois désormais. Les associations de protection de la nature ont quitté l'IPHB parce que vous avez refusé le plan de renforcement prévu par l'Etat qui prévoyait le lâcher de deux femelles en Béarn. » Silence embêté puis réponse de Didier Hervé : « C'est faux, les associations de protection de la nature n'ont pas quitté l'IPHB! » L’intervenant lui répond : « Vous dites qu'elles n'ont pas quitté l'IPHB? Très bien, chacun pourra vérifier sur les sites internet de la SEPANSO Béarn et du FIEP si ces associations ont quitté l'IPHB ou pas. Chacun verra qu'elles n'en font plus partie. » Didier Hervé fait alors des signes désespérés à son assistante et on croit comprendre qu'il cherche à trouver le nom de ce contradicteur bien informé : « Comment il s'appelle? C'est qui? Son nom? », lui lance-t-il désespéremment dans des chuchotements qui se voulaient discrets.
IPHB cherche légitimité désespérément
Cette personne que le directeur de l'IPHB ne connait pas n'as pas tort : le FIEP et la SEPANSO Béarn on bien quitté l'IPHB depuis le 17 janvier 2005, effectivement à cause du refus de cette structure de procéder au lâcher de deux femelles sur son « territoire ». Comment se fait-il que près d'un an et demi après, Didier Hervé communique toujours que les associations de protection de la nature siègent encore à l'IPHB? Est-ce volontaire ou, plus grave, l'ignore-t-il réellement? Difficile à imaginer.
Pour en revenir à la plaquette, le dernier amusement consiste à remarquer qu'y figurent en toute lettre les représentants de la SEPANSO Béarn et du FIEP alors qu'ils ont claqué la porte de l'usine à gaz depuis longtemps.
Finalement, l'IPHB n'est plus que le rassemblement des opposants à l'ours : éleveurs anti-ours, chasseurs à la solde de Lassalle, politiques qui surfent sur la vague anti-ours qu'ils alimentent eux-mêmes, mais personne pour réellement défendre l'ours. On comprend qu'il importe à l'IPHB de laisser croire qu'elle est encore représentative: c'est sa légitimité qui en dépend. Or, elle est perdue, non seulement elle a aboutie à l'extinction des ours, mais en plus, n'y siègent plus que des anti-ours ! Qui expliquera à Didier Hervé qu'on peut malgré tout diffuser en toute honnêteté des documents « militants » sans sombrer dans le mensonge ?
L'ours et la randonnée : un interaction indispensable
Après cette altercation verbale avec Didier Hervé, l'accompagnateur en montagne a repris la parole et expliqué que pour lui, « l'ours est un élément essentiel de son travail et que contrairement à ce que prétendent certain extrémistes anti-ours, les randonneurs qu'il accompagne sont en demande d'informations permanentes sur l'ours et n'en n'ont absolument pas peur ». Il explique « qu'à force de faire haro sur l'ours, on va finir par rebuter les clients potentiels de randonnées naturalistes ». S'ensuit une réponse étonnemment violente de François Burel du Comité Départemental du tourisme qui croit clouer le bec de son contradicteur en lui expliquant qu'il dit n'importe quoi et que jamais il n'y a eu autant de randonneurs dans les Pyrénées, croyant utile de préciser que lorsque l'ours Cannelle fut abattue, il n'a reçu « que » 18 lettres de protestation. Comme si on écrivait naturellement à François Burel pour protester contre l'abattage de le dernière femelle des ours originels. Que cherche-t-il à prouver avec ce genre d' argument? Comprenne qui pourra.
Des traces d'ours sur le parking
Nous avons ensuite retrouvé au milieu des stands de la kermesse qu’est Eldorando (miel, couteaux, bonbons, ventrêche, olives), cette personne qui est intervenue au sujet du FIEP et de la SEPANSO Béarn lors du débat sur l'IPHB. Il nous a expliqué que moins d'une heure après son intervention, pas moins de 6 personnes inconnues et présentes dans la salle avaient tenu à lui parler pour le remercier d'avoir fait connaître certaines vérités sur l'ours et l'IPHB. Il nous a expliqué qu'il justifiait son intervention par la Charte d'Eldorando qui stipule : « Le Festival Eldorando respecte et fait connaître les enjeux liés à la biodiversité. Le festival Eldorando met en œuvre une éducation à l’environnement pour les festivaliers et le public visiteur. Le Festival Eldorando définit une stratégie de communication qui prend en compte le respect de l’environnement et agit auprès des médias pour une restitution fidèle du message général de la charte. »
Dans l'après midi du premier jour, près de 150 véhicules garés sur le parking des exposants portaient des traces d'ours sur leur pare-brise! L'empreinte était le filigrane d'un tract expliquant qu'ours et randonnée sont faits pour cohabiter dans l'enrichissement mutuel. Un tract écrit par les accompagnateurs en montagne de l'Ariège et de la Haute-Garonne. Nous l'avons trouvé déposé en paquet au pied de l'escalier de la salle de la mairie d'Accous où a eu lieu la conférence sur la « gestion de l'espace ». La résistance s’insinue à Eldorando.
L'Etat doit cesser de se ridiculiser en soutenant l'IPHB
Au delà des bonnes intentions (leur charte d'éthique), les organisateurs d'Eldorando se sont laissés confisquer (de bon cœur) leur manifestation par l'IPHB et par des élus locaux qui s'en sont servis comme d’une tribune politique, notamment en cadenassant rigoureusement tout débat sur l'ours voire toute présentation de cet hôte d'Accous. Seul le FIEP a obtenu un petit stand dans un coin du chapiteau des associations. Comme toujours en Haut-Béarn, la chape de plomb a pesé sur l'ours et sur la liberté d'expression. Pourtant, il suffit de lever le nez sur les versants forestiers qui surplombent la plaine pour voir l'habitat de « Mohican » et « Néré » et de Canelle aussi.
Cette visite à Eldorando a été fort instructive et elle nous renforce dans nos conclusions : l'IPHB est aux abois et fait désormais feu de tout bois, n'hésitant pas à mentir publiquement pour essayer de défendre une légitimité désormais réduite à néant. L’IPHB n'est plus qu 'un lobby anti-ours.
La photo de « Mohican » et pire, la réécriture arrangée du texte de la Charte sur la nouvelle, plaquette en disent long sur la volonté de continuer à ne rien faire pour l'ours. Avec la plaquette sur l'eau, on voit bien que l'IPHB cherche à élargir ses prérogatives, tout en cherchant à supplanter les services de l'Etat qui ont pourtant des missions bien définies sur lesquelles l'IPHB se superpose sans scrupule, faisant double emploi avec des deniers publics. Même stratégie pour les vautours (que le Parc National gère déjà). Et bien sur, toujours cette volonté de laisser croire que l'IPHB est l'ami de l'ours.
Espérons que l'Etat comprenne enfin qu'il est temps de cesser de se ridiculiser en finançant les fossoyeurs de l'ours, y compris à travers l'eau, les vautours ou tout autre domaine que ce banal syndicat mixte cherche à happer pour continuer d'exister. Il va falloir choisir : maintenir l'IPHB sous perfusion pour garantir le siège électoral de Jean Lassalle et l'avenir du lobby agricole et cynégétique anti-ours du Haut-Béarn, ou maintenir une population d'ours dans les Pyrénées. Les deux sont désormais strictement incompatibles et les béarnais, les pyrénéens, les français et les européens commencent à le savoir et à le dénoncer de plus en plus fort.
Petite entrevue mystique avec Jean Lassalle
Nous avons rencontré à Eldorando trois festivaliers qui venaient de quitter Jean Lassalle. Tous les quatre assis dans un pré, à l'ombre d'un superbe frêne: Jean Lassalle, de ses propres mots, n'est plus en état de discuter en plein soleil après sa grève de la faim. Il leur a expliqué d'une voix grave et lente (un peu comme dans une messe) qu' « eux », les défenseurs de l'ours, « ceux d'Arbas », sont des « violeurs » des Pyrénées et que lui, n'avait plus qu'un rôle à jouer, celui de « consoler cette femme qui vient de se faire violer».
Il a ensuite comparer les pyrénéens favorable au renforcement aux « collabos » de la seconde guerre mondiale, « que notre histoire a souvent connu, malheureusement », se perdant dans des références historiques plus inappropriées les unes que les autres. Nos trois festivaliers favorables à l'ours lui ont expliqué que le véritable « viol » des Pyrénées avait été celui d'avoir réussi le tour de force de faire disparaître le noyau d'ours originel du Haut-Béarn en refusant pendant 12 ans tout renforcement. Lassalle a bien sur répondu que lui voulait le renforcement mais pas l'Etat.
Il lui a alors été rappelé que ses conditions pour le renforcement n'étaient pas acceptables pour quelque Etat que ce soit. Jean Lassalle a expliqué que « réintroduire des ours sous la protection des gardes mobiles était un viol ». Les festivaliers lui ont rappelé que la vallée avait été violée davantage par les travaux du tunnel du Somport et que là aussi, ce sont les gardes mobiles et leurs matraques zélées qui protégeaient le saccage de la vallée. « Ce n'est pas moi qui ait envoyé les gardes mobiles! » a rétorqué Lassalle, certes « mais pour les ours, ce n'est pas nous non plus! » lui ont répondu ses rétracteurs. Jean Lassalle a préféré quitter les lieux et se diriger vers la mairie d'Accous où venait de se terminer le premier « débat international » dirigé par son ami Didier Hervé, le directeur de l'IPHB.
Balou Dubois et Franska Béarn, envoyés occasionnels à Accous
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