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20 juin 2006

Parlez-vous ipehachebe?

Si vous faites partie d'une organisation à la recherche de subsides, je vous conseille d’utiliser une méthode qui à fait ses preuves : Il faut parlez «Ipéhachebé». Voici, les secrets de la méthode chère à Jean Lassalle et à Didier Hervé . Attention il est nécessaire de pratiquer régulièrement la "masturbation intellectuelle et patrimoniale" ou la "langue de bois pastorale". Quelques notions de dialectique et de vocabulaire béarnais inventé par l'Institution patrimoniale du Haut-Béarn.

Les termes de base

Pour débuter en langue "Ipéhachebé", voici quelques notions de base :

  • Remplacez « habitant » par « valléen »:  « Ce renouveau, particulièrement ressenti par les valléens… »
  • Remplacez « homme » par « acteur de territoire » puis par « acteur » tout court.
  • Remplacez « se voir » ou « se rencontrer » par « concertation patrimoniale.»
  • Remplacez « On se parle » par « Les acteurs locaux ont construit ensemble une vision plus globale du territoire. »
  • Remplacez « travailler à l’IPHB » par « construire ensemble une vision globale dans une instance de concertation, une instance de décision et une équipe de facilitation. »
  • Remplacez « commander » par « commanditer » : « commanditer un audit patrimonial externe. »

Pour parler de l’institution IPHB

  • Remplacez « Le développement durable des vallées béarnaises et la protection de l'ours », texte des objectifs de la charte par : « Une analyse technico-scientifique, partagée par quelques valléens, par les représentants de l’Etat localement et unanimement partagée au niveau national : la population actuelle d'ours s'est au mieux maintenue, elle s'est vraisemblablement dégradée. »
  • Remplacez « les élus profitent de l’IPHB » par « Les élus ont trouvé un outil pour se concerter à propos de leur territoire et pour prendre sur son devenir une plus grande responsabilité qu'ils estiment en accord avec leur fonction. »
  • Remplacez « avoir un ennui » par  « Les acteurs concernés sont depuis passés du vécu d'un problème complexe et multiacteurs à la gestion complexe du développement durable des vallées béarnaises et de la protection de l'ours. »
  • Remplacez « règlement » par « boîte à outils de la réglementation. »
  • Remplacez « agir pour l’ours » par « Organiser une campagne de communication via la diffusion de la photo de l'ourson, de l'organisation d'un concours pour les enfants des écoles du Haut-Béarn, avec pour finalité le choix d'un nom. »
  • Remplacez « Nous sommes incompétents, qu’est ce qu’on fait ? » par « La réponse à ces interrogations exigerait le développement d’actions transversales en dehors du champ strict de la gestion ursine. Or l’IPHB n’est pas préparée ni outillée ni mandatée pour conduire des actions transversales dans d’autres secteurs que celui de l’ours. En conséquence, l’émergence de ces questions transversales déstabilise les acteurs. » (NDLB : bref, c’est le bordel.)

A propos des multiples réunions de travail

  • Remplacez « faire un bilan » par « commanditer un bilan externe » ou par « audit patrimonial »: « Le Syndicat Mixte du Haut-Béarn, instance de décision de l’Institution Patrimoniale du Haut-Béarn a commandité un bilan externe… » ou « Le CIV commandite à Henry Ollagnon un audit patrimonial. »
  • Remplacez « se mettre d’accord » par « mettre en place contractuellement un nouveau mode de gestion. »
  • Remplacez « des rapports » par « Des notes de synthèse reprenant les différents bilans qui s’enrichissent les uns les autres, de façon à couvrir l’ensemble des éléments nécessaires pour réaliser le bilan global de l’action. »
  • Remplacez « On gère » par « L’impact des activités humaines sur l’ours est conçu en terme de gestion. »
  • Remplacez (Jean) : « Didier, On se voit à midi ? » par « Entre acteurs, on se rencontre pour discuter du territoire et apprendre à mieux se connaître entre valléens ? »
  • Remplacez : « Nous avons une réunion » par « Le territoire et l’ours sont devenus pour les acteurs locaux l’occasion de se retrouver et d’être ensemble d’une nouvelle façon (…)  C’est l’occasion pour les acteurs du territoire de travailler de façon suivie avec les représentants de l’Etat. »
  • Remplacez : « Merde, ça foire » par « Pour la grande majorité des acteurs, le résultat global est encore positif à l’heure actuelle. »
  • Remplacez « Nous sommes tous d’accord. » par « Les acteurs se répartissent en trois catégories : ceux qui soulignent les progrès accomplis (NDLB : Jean lASSALLE et Didier HERVE), ceux qui reconnaissent les progrès accomplis, y compris pour l’ours, mais progrès qu’ils estiment insuffisants pour la survie de la population ursine (NDLB : les opposants), quelques rares acteurs pour qui l’ours et homme ne sont pas compatibles et pour lesquels il y a donc fatalement un perdant (NDLB : les valléens qui nous encouragent à refuser l’ours).
  • Remplacez « Personne n’est d’accord » par « Les actions menées ainsi que l’enrichissement de la vision du territoire et de l’ours ont sans doute conduit les acteurs signataires de la charte à être encore plus exigeants aujourd’hui. »

Pour parler de l’ours

L'ours et devenu un sujet branché qui fait la une de la presse écrite où télévisuelle, dans les dîners mondains à Paris où au café de la place à Oloron, entre deux pastis, il est bon de meubler et de paraître oursophile ou oursophobe. En bon polyglote, vous allez glisser en Ipéhachebé :

  • Remplacez « un ours abattu par un chasseur » par « La mort accidentelle d’une ourse lors d’une chasse en battue. »
  • Remplacez « nourrir l’ours » par « Organiser la plantation d'arbres à fruits et à graines farineuses, dans le cadre de l'amélioration trophique de l'habitat de l'ours, sur les territoires communaux. »
  • Remplacez « compter les ours » par « La contribution à la mise en œuvre annuelle des diverses actions de suivi, menées dans le cadre du réseau ours, avec la participation de : ONC, ONF, PNP, naturalistes, FIEP, GIC et l'intégration de l'équipe IPHB lors de la dernière année de la Charte. On notera, plus particulièrement la collecte régulière d'indices au cours des ORSO (Opération de Recherche Simultanée d'Ours). » ou encore plus simplement entre deux "petit four" par « Une évaluation patrimoniale du nombre d’ours.»
  • Remplacez « Il n’y a moins d’ours » par « L'établissement de l'indice d'abondance (nombre d'indices recueillis sur 1,6 kilomètre d'itinéraire représentatif) est à la baisse. »
  • Remplacez « On aime les ours » par « Une analyse pragmatique très partagée dans le Haut-Béarn : « L'homme est lié à l'ours comme l'ours est lié à l'homme ». En schématisant, comme l’homme est en train de « revenir » dans les vallées, l’ours est peut-être en train de revenir aussi, mais pour les acteurs de territoire, le doute est permis. »
  • Remplacez « L’ours disparaît » par « le "sexe ratio" reste faible, les analyses génétiques ne sont plus réalisées, le nombre de traces diminuent. »
  • Remplacez « La cohabitation est impossible » par « La cohabitation avec l'ours suppose l'acceptation d'une prédation minimale occasionnelle, supportable que dans le cadre d'un système d'indemnisation efficient ». Il me semble que le cadre est rempli, reste l’acceptation par les éleveurs.
  • Remplacez « l’ours : un outil de développement » par « Ainsi, le soutien au pastoralisme de montagne en zone à ours trouverait une autre valorisation économique des conditions du maintien de l'équilibre : homme/ours <-> ours/homme. Une initiative du type "Pe Descaous" est une illustration de cette recherche. »
  • Remplacez « Règlementer la circulation sur les chemins » par « Certaines actions ont une vocation plus large qui ne relève pas uniquement du volet sylvicole comme : a) l'élaboration d’un schéma de desserte intégrée car il concerne tous les utilisateurs de l'espace IPHB qu'il s'agisse d'éleveurs, de chasseurs, de pêcheurs ou de touristes et pas seulement les forestiers,  b) de la réalisation d'accès réglementés dans sa dimension mise en place d'une réglementation et suivi de son application. »

Le pastoralisme

Comment parler de l'IPHB en ipéhachebé sans parler "Béarnaises", brebis, troupeaux, estives, transhumances, forces, sonailles, fromages, patou, labrit, pic d'Annie ou du midi d'Ossau...

  • Remplacez « moderniser  » par « accélérer l'effort pastoral d'aménagement. »
  • Remplacez « financer le pastoralisme » par « conforter l'activité pastorale sur la zone de montagne béarnaise à hauteur de 24.967.776 FRF (1994-1999). »
  • Remplacez « tracer une piste à 4x4 en zone à ours » par « assurer le désenclavement des pôles laitiers. »

Vocabulaire conseillé

Dans la mesure du possible, si vous désirez passer pour un vrai valléen, il est bon de rajouter dans vos phrases les mots suivants :

  • Pastoral : « accélérer l'effort pastoral d'aménagement des estives »
  • Patrimonial : « Des raisons patrimoniales au repli des acteurs et au retour à un mode de gestion où l’on s’engage moins ensemble. »
  • Patrimonialisé : « l'Etat des lieux de la population ursine a été patrimonialisé et validé par l'IPHB. » ou « Les bilans annuels du réseau ours sont patrimonialisés jusqu'en 1998. » ou « Au terme de la charte, on ne dispose plus d'un état patrimonialisé de la population ursine du point de vue quantitatif (nombre d'individus) comme qualitatif (nombre de mâles et de femelles). »
  • Patrimonialisation : « La patrimonialisation de l’ourson ». « L'opération n'a pas été renouvelée lors de la naissance suivante intervenue en 1998 faute d'analyses génétiques permettant d'établir le sexe et la filiation de l'ourson. » C’était un « estranger » ? ou encore « La mise en forme des connaissances et état de la population ursine a contribué à la patrimonialisation de la problématique "ours" après plusieurs années de tension entre acteurs. » et enfin « Une patrimonisation large. » (?) Vous voyez, toutes les variantes de ce mot doivent devenir votre quotidien. A essayez aussi, mais plus difficile : patrimonialisable, patrimonialisablement, antipatrimonialisablement, repatrimonialiser, dépatrimonialisation pastorale, patrimonialisation concertationalisable conditionnelle etc...
  • Contrat, agropastoralisme : « Le contrat agropastoral ». Deux d'un coup !
  • Appropriation : « Cette action a, de l'avis de tous, contribué à l'appropriation de l'ours par l'ensemble de la population des vallées. »
  • Multiacteurs : « vécu d’un problème complexe et multiacteurs. » Dès que vous êtes deux, c'est bon, hop !

Non initiés, s’abstenir

Certaines expressions écrites en français patrimonialisé sont intraduisibles et incompréhensibles en français normal pour un non initié (bac + 4 ou +8 ?)

L’IPHB décrit très bien le phénomène : « Il existe une culture commune des gens qui participent aux réunions.(NDLB : de l’IPHB) Il faut même y faire attention parce que ça coupe les uns et les autres de leur base. » Et c'est important la base, c'est les gens qui votent. Attention, à partir d'ici, la langue ipéhachebé devient difficile. Personne n'a une aspirine?

  • « Au niveau national, il y a une meilleure perception des interactions de l'ours avec les hommes, avec les différentes activités du territoire »
  • « L’action de renforcement (NDLB : le lâcher de 2 ourses en Béarn) aurait été très fortement pertinente dans le cadre de la stratégie au plan socio-économique de garantie de l'ours par rapport à l’homme. »
  • « Le caractère évidemment transverse des actions liées à la survie de l’ours permet d'expérimenter un mode de gestion ouvert unitaire sur le territoire. »
  • « L’IPHB ne se substitue pas aux acteurs dans une démarche collective de représentation. »
  • « Gérer le territoire et l’ours suppose une superposition des échelles territoriales. »
  • « S’agissant du développement durable du Haut-Béarn : Une structure de gestion en commun comme l’IPHB doit vivre et travailler de façon complémentaire avec des structures de gestion collective. Les modalités de travail ensemble sont à définir pour deux structures complémentaires, sans lien hiérarchique entre elles : l’une faisant de la gestion en commun, l’autre de la gestion collective (le pays en voie de constitution),  la première travaillant sur un territoire inclus dans le territoire de travail de la seconde. » Je ne suis pas sûr que les « acteurs pastoraux » aient un avis clair et précis là-dessus. Il faudrait le demander aux bergers membres du « Collège des valléens » : Valérie Casabonne-Angla, Jean-Michel Harritchabelet, Monique Lahitette, Julien Lassalle, Jean-Louis Laborde-Boy, Joseph Paroix et les autres, qui eux n’ont pas reçu de cours de langue « Ipéhachebé ».

Toutes les citations (en italique) de cette notte sont extraites d’une seule page du site de l’IPHB : le mauvais bilan de l'IPHB 1994-1999 ou « Bilans quantitatifs, qualitatif, patrimonial des premiers contrats de programme pluriannuel 1994-1999 »

A vos souris !

Petit concours, non subventionné (pas de prix, la buvette n'a pas de subsides...); rédigez un petit texte en langue "ipéhachebé", 20 lignes, pas plus :

  • Le prochain discours de Nelly Olin,
  • Un communiqué de Jean Lassalle,
  • Un article de Louis Dollo dans Lourdes-Infos
  • Une déclaration de Stéphane Lessieux, d'Augustin Bonrepaux ou de Philippe Lacube

J'organise un petit sondage, vous votez pour le meilleur texte, que j'envoie à la Dépèche et... il ne sera pas publié ! Rien que du quotidien, la vie quoi. Merci d'avance.

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Voici les sites qui parlent de Parlez-vous ipehachebe? :

» Codeine. de Codeine addiction symptoms.
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Commentaires

A défaut d'être spécialistes de l'ours, experts en pastoralisme et pyrénéistes convaincus (ce que pourtant vous prétendez être...), vous savez au moins bravement dépenser vos forces contre quelquechose que vous ne comprenez pas (défaut de capacités intellectuelles ou de volonté de savoir?). Comment peut-on critiquer sans connaître toutes les données du problèmes? Peut-être est-ce la frustration de ne pas tout saisir à la réalité du Haut-Béarn qui vous anime d'une haine sans fondements et non constructive? Proposez des solutions, construisez un espace de concertation entre tous les acteurs du territoire, fondez quelquechose qui fasse que l'homme cohabite pacifiquement avec l'ours, batissez une écologie humaniste où résoudre les problèmes des hommes induiront la résolution de problèmes d'environnement, un plan de protection de l'ours qui ne considère pas les bergers comme des ânes et qui ne soit pas un pâle camouflet pour une petite ambition ministérielle... et après, si vous y arrivez, peut-être que nous en reparlerons. Mais je doute que vous n'y arriviez...La seule solution pour y arriver est de passer par une instance comme l'IPHB et vous le savez bien. Persistez à nier l'évidence, vous êtes sur la bonne voie!

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Photos d'ours Vincent Munier

  • Photos de Vincent Munier.
    "Il faut sauver les espèces animales en danger non pas parce que nous en avons besoin, mais parce que nous avons besoin de développer les qualités humaines nécessaires pour les sauver, et ce seront celles-là dont nous aurons besoin pour nous sauver nous mêmes. " Robert Hainard.

Le tombeau de l'ours Papillon

  • Textes et Photos d'Antoine Peillon
    Sur un sentier du Haut Bearn, la trace de l'ours Papillon, parfaitement moulée dans la terre détrempée...

Photos de Patous

  • Photos de Claire de Dreuille.
    La protection des troupeaux avec le chien patou ou Montagne des Pyrénées. http://chien-berger.fr.st/

Photos de Labrit

  • Labrit_david_mignot_06
    Photos de David Mignot
    Le Labrit ou Berger des Pyrénées, un chien de travail, un aide et l'ami du berger.

Pastoralisme I

  • Photos de Pascal Marguet.
    Pascal Marguet est naturaliste et photographe, chargé d’études et de projets dans le domaine de l’environnement Il a réalisé des expositions sur le thème du pastoralisme dans les Hautes-Pyrénées. Samuel Marguet, le berger est son frère.

Pastoralisme II

  • Photos de Jean-Paul Falguières
    Pastoralisme et estives dans les Pyrénées. Un passionné de photos et de nature pyrénéenne.

Tonte des brebis

  • Jeanpaul_falguieres_tonte_018
    Photos de Jean Paul Falguières
    Joseph Paroix et Anne Rolland partagent la même passion pour les bêtes et la montagne. C'est pour elles qu'ils ont bâti ensemble, sur le plateau du Bénou, leur bergerie. C'est là, entre vallée d'Ossau et vallée d'Aspe, qu'ils passent l'hiver. L'été venu, ils rejoignent leur cayolar, à une heure de marche du magnifique lac de Bious-Artigues.

Fromages d'Estives

  • Photos de Jean-Paul Falguières
    Août 2001 à la cabane de Cap de Pount, sur le plateau de Bious, où Anne Roland fabrique le fromage après la traite des brebis.
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