Davantage d’ours dans nos montagnes, c’est nécessairement davantage d’hommes pour s’occuper des troupeaux. Comme ont peut le lire dans la brochure « Vivre avec l’ours », publiée par l’ADET :
« (…) c’est dans le cadre du « Programme Ours » que l’on a pu pour la première fois imposer que les bergers soient déclarés, bénéficient d’u salaire minimum, d’une couverture sociale, et de congés ! Ce qui n’était pas le cas pour la majorité d’entre eux avant (…) ».
Il apparaît de plus en plus clairement que les opposants les plus virulents à l’ours le sont parce qu’ils ont fait une croix sur la présence de l’homme sur les estives, y compris en Béarn où la spécificité laitière des brebis nécessitait pourtant une surveillance rapprochée pour le regroupement nécessaire à la traite quotidienne.
Les opposants à l'ours et l'IPHB sont pour un pastoralisme bien différent :
- avoir sa cabane entièrement retapée sur le compte de l’ours,
- disposer d’une large piste (toujours sur le compte de l’ours)
- monter et descendre quotidiennement en 4X4 au détriment des derniers espaces où l'ours et d'autres espèces trouvent la tranquilité.
- se passer de la présence humaine de bergers en estive
S'agit-il de la «montagne vivante» vantée par Jean Lassalle, du «pastoralisme traditionnel», de la sauvegarde de la «culture pastorale»?
C’est un peu cette idée de «néo-pastoralisme défaitiste» que semblaient hélas défendre certains éleveurs des vallées d'Aspe, d'Ossau, et de Baretous (la zone IPHB) lors de leur dernière assemblée générale lorsqu’ils y déclarèrent :
« Nous réaffirmons que nous ne laisserons à personne le droit de décider pour nous de la pertinence de l'avenir de nos modes d'exploitation.»
Ce à quoi un connaisseur de terrain répondit, pour traduire clairement ces propos : « Cela signifie que la préférence est donnée à un mode d'exploitation productiviste qui s'affranchit des contraintes du pastoralisme traditionnel et qui utilise la montagne non comme un milieu spécifique permettant un démarquage et une valorisation de la production montagnarde vis à vis de la production des plaine, mais comme un simple terrain agricole.»
Avec humour, des aspois, pas dupes, n’hésitent pas, eux, à traduire la situation de manière poétique à la façon de Francis James. (voir ci contre)
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