Dans un article paru du journal Sud-ouest intitulé « L'IPHB à la croisée des chemins », Patrice Sanchez annonce que la ministre de l'écologie Nelly a peu avant son annonce de réintroduire cinq ours dans les Pyrénées centrales rencontré le préfet des Pyrénées-Atlantiques, Marc Cabane. Ils ont discuté de l'Institution patrimoniale du Haut-Béarn dont l'opposition au plan de renforcement décidé reste coulée dans le béton.
Cette fois-ci, tous les détracteurs de ce « grand machin » attendent la décision de couper l’alimentation budgétaire de ce gouffre inefficace qui fait du Haut-Béarn une des régions de France le plus subsidiée de France, avec les résultats que l’on sait. L’avenir de l’IPHB et l'avenir de son président sont en train de ce jouer.
L’avenir de Jean Lassalle ? Il s’en occupe lui-même en médiatisant sa grève de la fin pour une « délocalisation » de 50 kilomètres. Deux dossiers, un même homme, les mêmes techniques, la même inefficacité.
Une « non réussite »
« La ministre est déçue par les résultats de l'IPHB » a déclaré le sous-préfet d'Oloron, Claude Gobin. « Pour elle, c'est une non réussite. Elle souhaite laisser encore du temps à la réflexion et en tirer tous les enseignements après les réintroductions ».
Qu’en termes diplomatiques ces choses là sont dites ! La gestion du dossier ours dans le haut Béarn par l’IPHB est un ECHEC cuisant et couteux.
L'IPHB avait été créée en janvier 1994 pour répondre à un besoin de dialogue entre les différents partenaires. Ceux-ci ont signé la désormais charte du développement durable des vallées et de protection de l'ours. La charte de l’IPHB et son fonctionnement servent de modèles dans les grandes écoles : Voici Messieurs ce qu’il ne faut pas faire !
Dix ans plus tard, le projet d'accueillir deux nouvelles femelles en Béarn a fini par tomber à l'eau. L'IPHB en ressort affaiblie. A part les bergers locaux, largement arrosés par un budget colossal, tout le monde veut maintenant la peau de l’IPHB qui elle a mis tout en œuvre pour se payer celles des ours béarnais. Les quelques mâles restant errent l’âme en peine, sans femelles à l’horizon, condamnés à disparaitre, sauf si les femelles qui seront lâchées parviennent à croiser ces mâles distant dont le petit ours brun de Cannelle.
Les frais de l’IPHB s'élèvent à 360 000 euros par an (Le budget 2006 voté est de 1,1 million d'euros). Une grosse partie du budget est supporté par l'Etat et la région dans le cadre d'un contrat de plan qui se termine en décembre 2006. Une autre partie est prise en charge par le département et les collectivités.
Sur le terrain, l’argent manque et les nouvelles actions engagées par l’IPHB nécessitent des financements supplémentaires. L’IPHB veut l’argent de l’ours, de nouveaux financements mais point d’ours, faut pas exagérer ! 15 millions d'euros ont été dépensés depuis 1994 :
- 50 % en faveur du pastoralisme (Lassalle est issu d’une famille de bergers)
- 10 % pour l'ours
Quels sont les résultats de ces dépenses ?
La disparition certaine de la souche Ursus arctos des Pyrénées. La dernière femelle Cannelle a été flinguée par un ami de Lassalle qui est le premier a défendre tous ceux qui accélèrent un peu la disparition des ours. ).
La conseillère régionale béarnaise Louisette Mayerau déclare : « Cet outil n'a pas rempli ses objectifs. Aucune mesure pour la survie de l'ours n'a été concrétisée. Il faut que l'IPHB le reconnaisse. Cette instance se substitue finalement aux collectivités. Il faut s'interroger sur son rôle. C'est une action de salubrité politique. Tout le travail de construction reste à faire ».
Gérard Caussimont, président du FIEP qui siégeait à l’IPHB mais en a claqué la porte est du même avis : « J'ai toujours pensé qu'une structure de concertation était nécessaire. Mais à partir du moment où le président prend la tête de l'opposition à la réintroduction d'ours, l'Etat doit retirer la cogestion à l'IPHB. L'évaluation partagée de la population d'ours et la mort de Cannelle n'y ont rien fait. L'IPHB est défaillante. Le contrat est rompu. »
L’ensemble des associations nationales de protection de la nature et l’ensemble des associations pyrénéennes regroupées dans CAP-Ours ont décidé d’agir de concert pour la conservation de l’ours brun dans les Pyrénées et ont demandé la dissolution de l'IPHB
et le respect des mesures assurant la bonne cohabitation entre habitants de la montagne et les ours.
Même homme, même dérives médiatiques
Jean Lassalle, lui n’a pas démissionné. Il s’est mis « en recul » de la présidence de l’IPHB juste avant de commencer son combat de Don Quichotte qui n’aura comme seul résultat que de dégouter à tout jamais n’importe quel entrepreneur de venir investir en Béarn. Si pour une raison aussi fumeuse qu’un déménagement de 50 km, un élu chevaleresque se met en grève de la faim, autant investir ailleurs. Les béarnais sauront à qui appartiennent les bretelles à remonter si la désertification du Béarn continue. J’ai vu quelque part que la courbe de la population de certains village suivait celle de la population d’ours, bizarre bizarre.
Le député chanteur en est réduit au jeune au parlement et à des apparitions hebdomadaires chez Fogiel et sa grande émission politique. Après la télé poubelle, la politique poubelle. Mais revenons à l’IPHB…
Le maire de Lescun, François Bayé est désormais à la tête de l’Institution patrimoniale exsangue et cherche à défendre son bout de gras qui a aussi furieusement tendance à fondre : « La gestion de cette affaire ne peut pas se faire sans nous », comprendre « Nous sommes incontournables ». Il sait bien que si la ministre retire la gestion du dossier à l’IPHB, ce sera la fin de l’arrosage patrimonial des électeurs de Lassalle : bergers, chasseurs, agriculteurs et petits politiciens locaux qui sont les premiers à monter à Paris au chevet du chanteur en grève.
5 minutes ou onze années ?
« C'est l'Etat qui a rompu le contrat ! Pourquoi avoir foutu en l'air dix ans de travail ? Je regrette de ne pas être allé au bout de nos engagements. Je suis convaincu que le territoire allait se prononcer en faveur d'une réintroduction. Mais la confiance se perd en cinq minutes. On met des années à la regagner. » La confiance ne s’est pas perdue en cinq minutes, mais en onze années :
- Onze années de palabres et de réunions interminables
- Onze années de report de mesures indispensables pour la sauvegarde de l’ours
- Onze années durant lesquelles le budget ours a largement graissé le pastoralisme en construisant des cabanes pas toutes utilisées.
- Onze années de quadrillage par les pistes. Les derniers territoires des ours ont été pénétrés afin de détruire l’ours en détruisant ses refuges.
- Chaque fois qu’il était possible de retarder, freiner, repousser la décision de réintroduire, l’iphb sautait sur l’occasion. Et si on fesait un nouveau recensement ?
L’IPHB a eu sa chance et l’a laissé passé. La gestion du dossier ours doit être confiée à ceux qui ont prouvé qu’ils en étaient capables et qui ont vraiment comme objectif la sauvegarde de la population d’ours et la cohabitation avec les acteurs de la montagne.
Le reste, c’est de la médiatisation et de la dramatisation à outrance. On attend l’arrivée du SAMU à l’assemblée pour sauver le Don Quichotte au béret des grives des méchants investisseurs japonais délocalisateurs. L'opéra bouffe continue ce soir chez Fogiel...
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