Natura 2000 ne concerne pas que les habitats, mais aussi les populations animales et végétales qui y vivent. L'ours est une espèce prioritaire inscrite en ce sens à l'annexe II et à l'annexe IV. Dans les "cahiers d'habitat" Natura 2000 (rédigés par le Museum National d'Histoire Naturelle), l'ours est une espèce à protéger et celà l'IPHB ne le supporte pas. C'est pour cette raison que Jean Lassalle est allergique à Natura 2000 au point d'avoir fait de l'IPHB un quartier général national de la lutte contre Natura 2000.
Petit retour sur un article paru dans action nature :la preuve des dérapages de l’IPHB dévoyée de ses fonctions premières.
Les « amis » de l’ours tombent le masque
L’Institution Patrimoniale du Haut Béarn (IPHB) a été incapable de sauver la souche d’ours pyrénéens et il n’a pas tenu ses engagements quant au renforcement de cette population. L'IPHB présidée par le folklorique député chantant Jean Lassalle (surnommé La castafiore), se présente comme LA solution et LE lieu de concertation qui serait, seul, capable de réunir pro et anti ours.
L'ours : Des millions pour l'IPHB
Dans les faits, la réalité est bien moins rose. Née en 1994, cette institution aurait pu être un excellent exemple de décentralisation. C’est en effet au pouvoir local que de très nombreuses missions, traditionnellement dévolue à l’Etat, ont été transférées. Et dans cet exemple précis, avec les financements qui vont avec. Et il y en aura eu de l’argent dans les caisses de l’IPHB. Le Bearn est la région la plus subventionnée de France : 44 millions de francs pour 6 600 habitants pendant les cinq premières années ! Tout cela « grâce » à l’ours.
Car c’est par la présence de l’ours, et à la suite de l’abandon des « réserves Lalonde » par Michel Barnier, alors ministre de l’environnement, que l’IPHB a vu le jour. Tout comme l’ADET (devenu Pays de l’Ours ADET) en Pyrénées centrales. Ces deux structures devaient permettre chacune à leur manière le sauvetage de l’Ours en Pyrénées.
IPHB et Pays de l'Ours-ADET : deux associations aux résultats opposés
A l’heure des bilans, on ne peut que constater la réussite de Pays de l’Ours-ADET, qui fut le maître d’œuvre des réintroductions de 1996 et 1997, base de la petite population d’ours que nous connaissons aujourd’hui, et qui sut créer avec les acteurs locaux (éleveurs, guides, aubergistes, apiculteurs ou bergers) une véritable dynamique.
On ne peut également que constater, à l’instar d’André Etchelecou, Président du Conseil Scientifique du Parc National des Pyrénées, que l’IPHB a signé un échec total. Cet organisme a été incapable de sauver la souche d’ours pyrénéens et il n’a pas tenu ses engagements quant au renforcement de cette population. Au contraire, cela fait 10 ans que Jean Lassalle repousse toute idée de renforcement.
Aujourd’hui encore, après la mort de Cannelle, la dernière Ourse pyrénéenne, chaque réunion de l’IPHB repousse à la suivante cette décision ! L’Institution, qui se targue d’être un modèle de démocratie et de bon fonctionnement, le seul lieu de dialogue, oublie de préciser que depuis plusieurs années les chasseurs n’y siègent plus (avec les conséquences qu’on connaît.), qu’un certain nombre de représentants agricoles n’y siègent plus non plus. Mais pendant ce temps, mine de rien, le député-président Lassalle négocie dur avec l’Etat. S’il est contraint de renforcer, il faudra que les pouvoirs publics payent toujours plus, et avec un engagement dans la durée. Mais sans réelle contrepartie en termes d’action, bien évidemment.
Natura 2000 défend l'ours. L'IPHB va se charger de contrecarer Natura 2000 !
A l'IPHB, on ne traite pas uniquement de dossiers strictement béarno-béarnais . Le député maire Jean Lassalle mêne un autre combat contre « l’abomination techno-bruxelloise » qu'est Natura 2000. La protection de l'ours comprise dans les textes est inexcusable.
Aussi, Jean Lassalle se sert-il de l’IPHB, pourtant grassement financée par l’Etat, la région Aquitaine et l’Union Européenne elle-même (via les fonds structurels) pour ses agissements anti Natura 2000. Et cela bien en dehors des limites des trois vallées pyrénéennes ( Echange de lettres entre Bernard Catelan, maire de Val d’Isère, lui aussi farouche pourfendeur du plan Natura 2000 et Didier Hervé, Directeur de l’IPHB).
Alors que Lassalle gesticule beaucoup dans les médias, et retarde toujours plus loin la décision de renforcement de la population ursine en Béarn, d’autres s’engagent concrètement : Cinq communes ont fait savoir, par leur maire, qu’elles étaient candidates pour le lâcher d’une ou de plusieurs ourses depuis le territoire de leur commune :
- Arbas,
- Massat,
- Burgalays,
- Luchon.
- et le plus récemment Bagnères de Bigorre
Les objectifs de l'IPHB : se débarrasser de l’ours et de Natura 2000
Dans la fiche « Ours brun » du site du Ministère de l’écologie,
on peut lire :
"En 1999, la population d’Ours brun des Pyrénées, subsistant uniquement à l’ouest de la chaîne, comprenait six spécimens : une femelle adulte, trois mâles adultes, un subadulte et enfin un ourson de sexe indéterminé. Même si des cas de reproduction sont encore observés (un ourson tous les trois ans), les effectifs sont estimés en deça du minimum de population viable dont les scientifiques situent le seuil entre 100 et 120 individus. La conservation de cette souche d’ours bruns, identifiée comme la plus ancienne au monde, revêt un caractère patrimonial exceptionnel."
L’IPHB na jamais voulu protéger l’ours
L’Institution Patrimoniale du Haut Béarn se sucre sur le dos de l’Ours. Elle utilise l’argent de l’ours pour créer des pistes qui permettent aux hommes de pénétrer profondément et facilement dans les derniers habitats protégés où l’ours trouve la quiétude et la nourriture dont il a besoin.
Sous une façade très "développement durable", l’IPHB veut rendre la vie de l’Ours impossible. Tout ce qui est défavorable à l’ours est avantagé et soutenu :
- Construction des pistes,
- Soutien au pastoralisme,
- Défense de l’intérêt des chasseurs,
- Médiatisation à l’extrême des dégâts (même si la responsabilité de l’ours est douteuse).
- Diabolisation des ours slovènes (plus agressifs et moins farouches parce que nourris à la viande !)
- Exagération des risques lors de rencontres éventuelles (Mises en garde répétées et prévisions de risques élevés pour les touristes, les promeneurs, les forestiers etc.)
Tout ce qui est favorable à l’ours ou à une cohabitation la plus harmonieuse possible est combattu :
- Soutien à l’AOC Barèges-Gavarnie qui institutionnalise l’abandon du gardiennage des troupeaux durant l'estive.
- Lutte par tous les moyens pour éviter les sites Natura 2000
- Refus de la réintroduction annoncée par Nelly Olin,
- Réactions hostiles aux positions favorables à l’ours de certains maires,
- Critiques des résultats des multiples sondages favorables à l’ours.
- Lutte contre les écologistes présentés comme des extrémistes (parisiens ou citadins pour la plupart, en coup cas "coupés" des réalités du terrain) cherchant à imposer leurs vues aux montagnards pyrénéens.
L'Etat laisse faire et continue à financer l’IPHB. L’Institution Patrimoniale du Haut Béarn n’a jamais eu comme objectif de défendre le véritable trésor universel que l’Etat lui a confié, mais plutôt de s’accaparer le dossier pour contrecarrer le mouvement d’opinion favorable à l’ours. « Nous allons nous en occuper nous même », « C’est aux pyrénéens de décider de ce qui est bon pour eux », « La réintroduction ne peut pas être décidée de Paris, sans l’accord des pyrénéens », « 5 années de travail qui ont été détruites par la décision de réintroduction et l'annonce de Serge Lepeltier » etc.
Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil
Sous des dehors angéliques, pseudo-démocratiques et idéaux, l’IPHB se comporte en fossoyeur de l’ours. Un bon ours est un ours mort ou disparu, mais refilez nous quand même l’argent de l’ours pour les dix années à venir.
L’objectif de l’IPHB est l’extinction la plus lente possible de l’ours :
- Garder la mainmise sur le dossier,
- Continuer à empocher les primes,
- Soutenir les opposants à l’ours qui fondent la base de l’électorat du député-maire Jean Lassalle.
- S’appuyer sur les chasseurs qui "donnent un coup de main" de temps à autre. Défendre ceux qui ont un ours à leur tableau de chasse : "De la légitime défense" puisque l'ours est dangereux.
L’IPHB n’est plus un interlocuteur crédible
Le renforcement par lâcher d’une ou deux femelles en Haut-Béarn doit rester possible, au moins pour « remplacer » l’irremplaçable Cannelle. Mais après les lâchers, qui va assurer une réelle protection pour ces cinq ourses, face aux invectives et aux menaces même plus voilées des éleveurs du Pays Toy ?
Il ne faudra pas compter sur l’IPHB, qui « exclue » de la décision de réintroduction se lave les mains à l’avance pour tous les « accidents » ou les « actes désespérés d’éleveurs excédés ». La belle affaire. Il est temps de couper les vivres de l’IPHB et de trouver un autre interlocuteur, un vrai gestionnaire efficace pour le dossier ours en Béarn.
De nouveaux objectifs doivent être définis
Le premier de tous est d’augmenter la population d’ours pour garantir la survie de l’espèce à long terme. Pour cela, il faut :
- Réintroduire des ours (femelles et males) pour lutter contre la consanguinité.
- Protéger tous les ours contre les « accidents » de chasse.
- Annoncer que chaque ours « accidenté » ou prélevé par tir, poison ou piège sera remplacé.
- Protéger les habitats en limitant strictement les accès.
Il faut une volonté forte. La survie de la petite population d’ours pyrénéens ne sera pas possible tant que l’IPHB pratiquera sa politique de destruction voilée et son immobilisme décisionnel de vierge effarouchée.
Le devoir de réparation vis à vis des générations futures l’exige de toute urgence, avant que les précieux gênes des deux à trois ours de souche pyrénéenne, les plus anciens du monde, ne disparaissent comme ceux de Cannelle : « Camille », « Aspe-Ouest » et « Mohican », l’ourson de Cannelle.
Réaction d'après : Actionnature
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