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07 février 2006

Il était temps de montrer un nouveau visage des Pyrénées (Milan Presse)

Les Editions Milan Presse possèdent dans leur catalogue plusieurs revues traitant de la montagne, dont "Alpes Magazine" et "Pyrénées Magazine". La ligne éditoriale de ces deux revues est entrain de changer. L'ours et le loup n'y apparaissent plus comme les grands méchants...loups ! Une position plus favorable à la cohabitation se dessinne. Pour preuve, l'éditorial de janvier/févier de Alpes Magazine et cette lettre d'un lecteur soulagé envoyée à Pyrénnées Magazine.

17/09/2005
A Madame Florence Garès, rédactrice en chef,
A Madame Nathalie Pedestarres, auteur de l’article « le retour des muletiers » et à l’équipe complète de Pyrénées Magazine.

Objet : nouvelle ligne éditoriale de Pyrénées Magazine (n°101)

Bonjour à toute l’équipe de Pyrénées magazine!

Abonné depuis des années, je m’étais résolu à résilier mon abonnement car je ne supportais plus les véritables tribunes que mon magazine offrait de plus en plus souvent au politique Jean Lassalle, député maire de Lourdios-Ichère (vallée d’Aspe), infatigable promoteur du projet rétrograde de tunnel du Somport et président de l’IPHB, l’Institut qui porte la responsabilité de la fin de l’ours des Pyrénées par son attentisme et par les atteintes à l’habitat de l’ours que cet organisme a multiplié, notamment en ce qui concerne les pistes dites « pastorales ».

En lisant le numéro en cours de Pyrénées Magazine (n°101 de septembre octobre 2005)  je suis réellement soulagé et combien satisfait de constater que désormais les conflits récents autour de l’ours vous ont (je cite votre éditorial) : « poussés à entamer une longue réflexion et nous ont fait prendre conscience qu’il était temps de montrer un nouveau visage des Pyrénées. Celui d’une montagne où l’homme et la nature ont chacun leur place et peuvent vivre ensemble pour peu qu’ils se respectent. […] Ainsi, vous découvrirez de nouvelles rubriques, sur les associations, les acteurs du massif et les actions concrètes pour le développement durable menées par des Pyrénéens pour faire exister les Pyrénées.[…] »

Puis-je appeler ça « l’effet Cannelle » tant la destruction définitive et brutale du dernier noyau d’ours pyrénéens nous fait à tous l’effet d’un tremblement de terre psychologique, ébranlant  les plus profondes de nos certitudes ?

Ainsi, parcourant ce n°101, j’ai vraiment apprécié (page 6) qu’une place ait été faite à l’ADET pour énoncer quelques éléments de vérité dans l’affaire du dérochement de 162 brebis en Ossau, éléments qui plaident pour ne pas accabler l’ours dont personne n’est sûr qu’il soit responsable de ce regrettable accident.

L’ADET est en effet l’un de ces « acteurs du massif » qui mène plus que jamais des « actions concrètes pour le développement durable », actions à l’initiative  « des Pyrénéens pour faire exister les Pyrénées » comme le dit votre nouvel édito ! D’ailleurs, vous parlez (comme chaque année) très clairement des « Automnales du Pays de l’Ours », cette fête du XXIème siècle, rassemblement ouvert au monde des pyrénéens pour l’ours (page 112).

J’ai aussi beaucoup apprécié, en cohérence avec la nouvelle ligne éditoriale, votre article sur le muletage (page 82). Je regrette néanmoins que l’IPHB en ait profité pour se refaire une virginité en la matière. En effet, même si ce qui est avancé sur l’IPHB en matière de muletage dans votre article est très certainement véridique, il faut savoir que la réalisation de pistes pastorales (anti-thèse du muletage) est une véritable obsession pour l’IPHB, on se demande même si ce syndicat mixte déguisé à gros renforts de « com » en structure présentée comme « révolutionnaire » n’a pas été crée justement pour réaliser ces pistes.

En effet, si l’IPHB est aujourd’hui responsable de quelques projets de muletage, il me semble important de ne pas oublier que :

  • le directeur de l’IPHB, Didier Hervé est l’ancien directeur du centre ovin d’Ordiarp, auteur du plan de desserte de la montagne par voies carrossables … dont la mise en œuvre continue sous l’égide de…l’IPHB, en pleine zone à ours.
  • le projet (mort-né) de lâcher d’ours par l’IPHB en 1996 était conditionné par un double ultimatum : l’abrogation de Natura 2000 en Béarn (!) et (entre autre) la réalisation de nombreuses pistes pastorales en zone à ours. (Voir le site de l'IPHB : choisir « documentation » puis « délibération du 19/12/1996 » cliquez ici)
  • l’IPHB a été au cœur d’un gros conflit à Lescun (dont Pyrénées Magazine s’est très honnêtement fait l’écho) à propos de ces fameuses pistes qui en plus de détruire l’habitat de l’ours apportaient peu d’avantages aux éleveurs et massacraient un paysage d’exception autour des célebrissimes aiguilles d’Ansabère.
  • le dernier projet IPHB (mort-né encore, bis répetita) de lâcher de deux femelles ours, projet rendu public en décembre 2004, était lui aussi conditionné par un très lourd et incroyable programme de réalisation de pistes pastorales en zone à ours. On massacre l’habitat d’une espèce menacée…tout en laissant croire qu’on veut relâcher deux femelles pour sauver l’espèce. (Voir la note interne de l’IPHB divulgué par la SEPANSO Béarn)

L’étude suivante (elle date de 4 ans, mais quand même !) pointe d'ailleurs l’IPHB : « Quant aux alternatives en matière d’élevage, pratiquement aucun effort de réflexion, d’études ou de recherches n’a été effectué dans ce sens. L’IPHB a plutôt fonctionné comme un frein. C’est ce que montre l’exemple du muletage, […] L’étude de la faisabilité […] de cette solution, confiée au centre d’Ordiarp (centre technique de la Chambre d’agriculture des Pyrénées Atlantiques et promoteur du programme de desserte routière des estives) a pris plusieurs années de retard. »

Et pendant ce temps (et c’est bien là le problème : le temps gaspillé à laisser filer la vie des derniers ours…), l’IPHB entaillait la montagne à ours de nouvelles pistes à tour de bras et laissait passer la population de plantigrades de 7 individus (en 1994, création de l’IPHB) à … aucun avenir possible en 2005 sans renforcement puisque 2 ours autochtones mâles seulement subsistent après le forfait des chasseurs d’Urdos et l’affaire « Cannelle ».

Voir cette incroyable étude sur l’échec de l'IPHB : « L’institution patrimoniale du Haut-Béarn : gestion intégrée de l’environnement ou réaction anti-environnementale ? » de Laurent Mermet

Quand on sait que les pistes pastorales sont des portes ouvertes à une pénétration accrue des zones à ours par le tout-venant et qu’elles sont le problème n°1 pour la survie de l’espèce, il y a de quoi douter du sérieux de l’IPHB quant à son souhait de continuer à gérer le dossier ours avec les deniers d’un Etat bien peu regardant en la matière … à moins que, chose dont je suis convaincu, une poignée d’ours-vitrine ne serve qu’à capter des subventions pour entretenir une clientèle électorale d’éleveurs, de chasseurs et de forestiers tous acquis à Jean-Lassalle, le député « chantant » de l’hémicycle…

Vous comprendrez donc que lire dans votre intéressant article sur le muletage, Didier Hervé, président d’un IPHB aux abois et à la recherche de nouvelles sources de subventions, puisse prêter à sourire et faire grincer des dents quand on sait tout cela et …son rôle dans le retard du muletage en zone à ours en particulier.

Désormais, l’IPHB n’est plus pour moi que l’Institut de Pillage du Haut-Béarn et j’attends de lui réparation quant à la destruction du dernier noyau d’ours bruns autochtones dans les Pyrénées, noyau si précieux au regard de l’humanité car –chose qu’on sait peu- c’était génétiquement le plus ancien du monde… En l’occurrence, le terme de pillage n’est pas trop fort.

Quelle triste histoire et quelle rage de constater toutes ces manipulations pour la seule conservation du pouvoir politique en Haut-Béarn… L’Histoire se chargera de ces tristes sires mais…ils ont détruit le patrimoine naturel universel de l’humanité pour toujours… Ne soyons pas leur complice, c’est le minimum.

Et exigeons réparation, il est temps !

Dans l’attente de vous lire, et en vous remerciant pour la qualité de ce numéro 101, veuillez agréer, Mesdames Nathalie Pedestarres et Florence Garès, ainsi que toute l’équipe du magazine, l’expression de mes sincères salutations,

Un lecteur de Pyrénées Magazine.
Il s'est identifié, mais son anonymat est ici protégé.

Par « réparation » , on pourrait entendre l’acceptation du lâcher de deux femelles ours en Béarn (après l’incroyable revirement de Jean Lassalle, pour en Décembre et contre en Janvier…comme il fut pour le tunnel de Somport pendant des années et …absent et boycottant son inauguration …). Ces lâchers permettraient de  conserver les gênes pyrénéens des deux mâles autochtones et de « Mohican », l’ourson métis de la béarnaise « Cannelle » et du pyrénéo-slovène « Néré ». Sans cela (et c’est urgent !), privés de femelles, ces mâles vont quitter le Haut-Béarn (la biologie de l’ours est ainsi faite, ont dit qu’ils se « décantonnent ») et nous aurons réussi à couper le fil millénaire qui reliait l’homme à l’ours depuis l’éternité dans ce coin des Pyrénées…

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Photos d'ours Vincent Munier

  • Photos de Vincent Munier.
    "Il faut sauver les espèces animales en danger non pas parce que nous en avons besoin, mais parce que nous avons besoin de développer les qualités humaines nécessaires pour les sauver, et ce seront celles-là dont nous aurons besoin pour nous sauver nous mêmes. " Robert Hainard.

Le tombeau de l'ours Papillon

  • Textes et Photos d'Antoine Peillon
    Sur un sentier du Haut Bearn, la trace de l'ours Papillon, parfaitement moulée dans la terre détrempée...

Photos de Patous

  • Photos de Claire de Dreuille.
    La protection des troupeaux avec le chien patou ou Montagne des Pyrénées. http://chien-berger.fr.st/

Photos de Labrit

  • Labrit_david_mignot_06
    Photos de David Mignot
    Le Labrit ou Berger des Pyrénées, un chien de travail, un aide et l'ami du berger.

Pastoralisme I

  • Photos de Pascal Marguet.
    Pascal Marguet est naturaliste et photographe, chargé d’études et de projets dans le domaine de l’environnement Il a réalisé des expositions sur le thème du pastoralisme dans les Hautes-Pyrénées. Samuel Marguet, le berger est son frère.

Pastoralisme II

  • Photos de Jean-Paul Falguières
    Pastoralisme et estives dans les Pyrénées. Un passionné de photos et de nature pyrénéenne.

Tonte des brebis

  • Jeanpaul_falguieres_tonte_018
    Photos de Jean Paul Falguières
    Joseph Paroix et Anne Rolland partagent la même passion pour les bêtes et la montagne. C'est pour elles qu'ils ont bâti ensemble, sur le plateau du Bénou, leur bergerie. C'est là, entre vallée d'Ossau et vallée d'Aspe, qu'ils passent l'hiver. L'été venu, ils rejoignent leur cayolar, à une heure de marche du magnifique lac de Bious-Artigues.

Fromages d'Estives

  • Photos de Jean-Paul Falguières
    Août 2001 à la cabane de Cap de Pount, sur le plateau de Bious, où Anne Roland fabrique le fromage après la traite des brebis.
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