Les avis favorables à la réintroduction et la conservation des ours des Pyrénées progressent de près de 10% en un an.
Janvier 2006 - Sondage de la Dépêche du Midi
La Dépêche du Midi a mis en ligne un sondage pour ou contre la réintroduction de l’ours. Ce sondage n’est plus en ligne depuis le 27 janvier 2006. Résultats au 26 janvier 2006, 19h (3093 votant).
"Cinq nouveaux ours vont être introduits dans les Pyrénées en avril prochain. Qu’en pensez-vous ? "
- Oui, c’est une bonne chose pour favoriser la biodiversité : 2730 voix (88,3%)
- Non. La présence de l’ours est incompatible avec l’élevage: 363 voix (11,70%)
Mars 2005 - Sondage IFOD/Pays de l’ours-ADET
Sondage réalisé par l’IFOP pour « Pays de l’ours - ADET » - échantillon de 906 personnes, représentatif des habitants de l’Ariège, de la Haute-Garonne et des Hautes-Pyrénées (300 personnes minimum par département).
- 86% des montagnards pyrénéens considèrent que l’ours fait partie du patrimoine;
- 79% des Français que la présence de l’ours est valorisante pour les Pyrénées ;
- 72% des français et 58% des Pyrénéens sont favorables à de nouveaux lâchers d’ours afin de rendre la population viable.
"La quinzaine d’ours actuellement présente dans les Pyrénées étant insuffisante pour assurer la survie de l’espèce, vous personnellement, êtes-vous favorable ou opposé à l’introduction d’ours supplémentaires dans les Pyrénées ?"
- Favorable à la réintroduction pour les 3 Départements : 77 %
- Favorable à la réintroduction pour l'Ariège : 64 % (58 % dans le massif)
- Favorable à la réintroduction pour la Haute-Garonne : 80 % (69% dans le massif)
- Favorable à la réintroduction pour les Hautes-Pyrénées : 69 % (62 % dans le massif)
Quelques politiciens locaux résistent encore
Le taux de réponses favorables à l'ours a augmenté de 10% en un an. Faut-il y voir le résultat de la politique agressive et violente des bergers de l'Ariège et du pays TOY qui ont multipliés les méfaits et provocations en uniforme (chemises noires et battons)? Faut-il y avoir le refus de la politique de certains élus locaux qui manipulent la presse locale en multipliant les articles défavorables à l'ours et minimisant le soutien de la population au plantigrade?
Lâcher 5 ourses et après?
A Arbaz, le 26 septembre 2005, Nelly Olin avait déclaré qu'après ces 5 introductions, "on s'arrêtera là pour un très long moment". Soucieuse d'un "équilibre" entre le maintien de la biodiversité et les contraintes de l'élevage, elle a déclaré "qu'une réintroduction massive aurait été une grave erreur".
La Ministre de l'Ecologie et du Développements durable, Nelly Olin n'a aucune raison de prêter l'oreille aux demandes de l'IPHB ou de Super Augustin Bonrepaux :
- ni les violences des bergers farouchement opposés à l'ours et prêt à tout pour l'exterminer,
- ni la politique désastreuse et les dépenses orientées de l'IPHB,
- ni les communiqués cherchant à effrayer les utilisateurs de la montagne (touristes, chasseurs, forestiers, promeneurs) ou à rendre l'ours responsable de tous les maux de l'Ariège ne trompent les français.
La France veut garder ses ours et voir sa population revenir naturellement (si on lui en laisse l'occasion) ou avec des réintroductions (si la mainmise de l'IPHB continue à provoquer un blocage complet du dossier). Après le lâcher de 5 ourses au printemps, il sera nécessaire d'éliminer les risques de "destructions discrètes" des ours restant ou réintroduit.
Comment vont réagir les bergers?
Vendredi 27/01/2006, les bergers anti ours se sont réunis dans un restaurant de Féas. D'aprés la presse les bergers hostiles à la réintroduction préparent de prochaines actions. En décembre 2005, ils avaient remis au préfet un document expliquant leurs positions et les thémes qu'ils jugent essentiels :
- "Insuffisance des mesures de prévention des dégâts d'ours" :Une nouvelle demande de subsides en quelque sorte.
- "Manque d'acceptation sociale rendant impossible toute réintroduction" : Voir les résultats du sondage ci-dessus en ce qui concerne l'acceptation sociale!
- "Déficit de démocratie dans le processus de prise de décision". On a pu juger de leur sens de la démocratie quand ils ont gravement perturbés les manifestation à Massat, à Arbas, devant la préfecture ou aux diverses réunions de l'ACP Association Cohabitation Pastorale qu'ils considèrent comme des bergers traitres, des achetés!
- "sentiment d'avoir été bafoués dans leur droit de citoyen"
- "pertinence scientifique d'un plan de restauration d'ours qui reste à démontrer". L'IPHB nous avait déja fait le coup des comptages.
- Et aussi : " Les bergers s'interrogent aussi sur d'éventuelles réintroductions secrétes qui auraient eu lieu par le passé". La théorie du grand complot est de retour !
Quelques phrases de Madé Maylin et Philippe Lahourcade prononcées vendredi soir :
" Même si nous ne sommes pas des amoureux fervents de l'espèce,nous ne sommes pas des anti-ours primaires "
" Plus l'échéance approche (l'annonce de la localisation des lâchers des cinq ourses voulues par Mme Nelly Olin), plus l'inquiétude grandit "
"A la premiére confirmation d'un lâcher d'ours,nous quitterons la scéne d'un dialogue devenu inutile. La désespérance et la colère des éleveurs feront le reste...."
Devant leur échec, les bergers risquent en effet de chercher à résoudre le problème eux-mêmes, appuyés qu'ils sont par les fédérations de chasseurs (2 ours victimes à leur actif) et par les politiciens locaux (Lassalle, Bonrepaux, Bobin-Rodrigo...)
Nelly Olin ne pourra pas se débarasser du dossier "5 ours et puis basta". Les français attendent la deuxième réintroduction de 5 ourses, mais restent attentifs. La pression augmente sur les opposants à l'ours. Refuser la cohabitation alors que l'ours est responsable du financement de leur profession et de toutes les mesures de protection des troupeaux est une démarche suicidaire qui consiste à tronçonner la branche sur laquelle le pastoralisme est assis.
Et cela, alors qu’on assiste au retour encore discret dans les Pyrénées d'un autre prédateur qui lui a un taux de reproduction et de dissémination bien supérieur à celui de l'ours. Même s'ils parviennent à se débarrasser de l'ours, ils auront les loups sur le dos.
Comment vont réagir les français?
Si les bergers pyrénéens opposés à l'ours continuent dans leur refus des conduites de troupeaux raisonnées et des moyens de protection mis à leur disposition, c'en sera fini de la politique de soutien au pastoralisme!
Les français favorables à la survie de l'ours, largement majoritaires vont-ils encore accepter de payer 188 euros par citoyen (11 milliards d'euros par an de subventions agricoles en France) pour ceux qui par leur politique et leurs pratiques auront provoqué l'extinction définitive de l'ours de souche pyrénéenne et tout fait pour freiner ou anéantir sa sauvegarde par de nouvelles réintroductions? Le pastoralisme est-il en train de se suicider?
Commentaires